outtake (extrait enlev du livre original tentetion)

outtake (extrait enlev du livre original tentetion)
NARCOTIQUES


Note de Stephenie Meyer : Vous reconnaîtrez cette scène de la fin du chapitre 2 de Tentation. Seules quelques lignes ont changé. C'est la première version, Carlisle a donné un médicament à Bella pour l'aider à lutter contre la douleur et elle a une réaction imprévue. Pourquoi ce morceau a-t-il été coupé ? Premièrement, mes éditeurs pensaient que l'ambiance ne collait pas (j'ai essayé de mettre une touche d'humour partout, ils m'en ont empêché). Deuxièmement, ils ne pensaient pas que la réaction de Bella était réaliste. Mais la blague s'est retourné contre eux, car l'histoire est tirée d'un fait réel (mais pas le mien cette fois ci).


Je m'effondrai de nouveau sur mon oreiller, le souffle court, ma tête tournait. Mes bras ne me faisaient plus souffrir, mais je ne savais pas si cela était dû aux antis-douleur ou au baiser. Quelque chose d'insaisissable me revint en mémoire...

 - Désolé, dit-il, le souffle court lui aussi. C'était déplacé.
A ma propre surprise, je ricanai.
- Tu es drôle, marmonnai-je, ricanant de nouveau.

Il fronça les sourcils dans la pénombre. Il avait l'air si sérieux. C'était délirant.

Je couvris ma bouche, étouffant mon fou rire pour ne pas que Charlie m'entende.
- Bella, est-ce que tu as déjà pris du Percocet auparavant ?

- Je ne crois pas, gloussai-je. Pourquoi ?
Il leva les yeux au ciel ; je ne pouvais plus m'arrêter de rire.
- Comment va ton bras ?

- Je ne le sens plus. Est-ce qu'il est toujours là ?
Il soupira tandis que je continuais de rire.
- Essaie de dormir, Bella.
- Non, je veux que tu m'embrasses encore.
- Tu surestimes mon contrôle.
Je ris, sarcastique.
- Qu'est ce qui te dérange le plus, mon sang ou mon corps ?
Ma question me fit rire.

- Ex aequo.
Il me fit malgré lui un grand sourire.
- Je ne t'avais jamais vu planer. Tu es très divertissante.

 - Je ne plane pas.
J'essayai d'étouffer mon fou rire pour le prouver.
- Dors maintenant, suggéra-t-il.

Je réalisai que j'étais en train de me ridiculiser, ce qui était assez commun, mais c'était tout de même embrassant, donc je tentai de suivre son conseil. Je mis ma tête sur son épaule une nouvelle fois, et fermai les yeux. De temps en temps, un rire m'échappait. Mais cela devint moins fréquent au fur et à mesure que la drogue m'enfonçait dans l'inconscience.




*****
 

Je me sentis absolument hideuse le lendemain matin... LA BOURSE Scène 1 : le jour suivant le soir où Bella est allé voir le film sur les zombies avec Jessica :

Phoenix me manquait toujours, en de rares occasions, quand quelque chose m'embêtait. Maintenant, par exemple, alors que je me dirigeais vers la Banque Fédérale de Forks pour y déposer mon salaire. Que n'aurais-je pas donné pour utiliser un distributeur de billets pour les voitures. Ou pour au moins avoir un inconnu derrière son bureau.
- Bonjour, Bella, me salua la mère de Jessica.
- Bonjour, Madame Stanley.
- C'est bien que tu soies sortie avec Jessica hier soir. Ca faisait bien longtemps.
Elle me faisait la conversation, souriant pour paraître plus amicale. Quelque chose dans mon expression devait être mort, parce que tout d'un coup le sourire se figea, et elle se tordait nerveusement les mains, alors qu'une minute plus tôt elles étaient croisées; ses cheveux étaient aussi bouclés que ceux de Jessica et arrangés en de vaporeuses boucles souples.
Je lui souris aussi, réalisant que je le faisais quelques secondes trop tard. Mes reflexes étaient rouillés.
- Oui, dis-je d'une voix que j'espérais sociable. J'ai été très occupée, vous savez. Le lycée, ... le travail...
Je faisais un effort pour trouver quelque chose à rajouter dans ma courte liste, mais j'eu un blanc.
- Bien sûr, elle souriait plus chaleureusement, certainement ravie que ma réponse semble tout à fait normale et bien équilibrée.
Soudain il m'apparut que je ne pourrai pas sourire quand je connaîtrais ce qui se cachait derrière son sourire. Qui sait ce que Jessica était allée lui raconter pour hier soir. Quoi que cela puisse être, ce ne serait absolument pas fondé. J'étais la fille de l'ex épouse excentrique de Charlie - la folie devait être héréditaire. Ancien membre du groupe de monstres de la ville; je laissai tomber cette idée rapidement en tressaillant. Récente victime d'un coma éveillé. J'estimai qu'il y avait assez de bonnes raisons pour justifier ma folie, sans parler des voix que j'entendais maintenant, et je me demandais si Mme Stanley était réellement en train de penser ça.
Elle dû voir ma réflexion dans mes yeux. Elle détourna rapidement les yeux, vers la fenêtre derrière moi.
- Le travail répétai-je, attirant son attention en posant mon chèque sur le comptoir. C'est la raison pour laquelle je suis là, bien sûr.
Elle sourit à nouveau. Son rouge à lèvres se fendillait à mesure que la journée avançait, et il était clair qu'elle s'était redessiné des lèvres plus pleines qu'elles ne l'étaient à l'origine.
- Comment vont les choses chez les Newton? me demanda-t-elle brièvement.
- Bien, la saison s'annonce bonne, répondis-je automatiquement, en pensant qu'elle passait près du parking de la Quincaillerie d'Olympique plusieurs fois par jour et qu'elle avait dû voir des voitures peu familières. Elle devait connaître les fluctuations du commerce de la randonnée mieux que moi.
Elle acquiesça d'un air absent alors qu'elle pianotait sur le clavier de l'ordinateur en face d'elle. Mes yeux déambulèrent sur le comptoir marron foncé avec ses lignes d'un orange chatoyant, très années soixante-dix, qui décoraient les bords. Un gris plus neutre s'étendait sur les murs et la moquette, le comptoir restait l'élément de décor original du bâtiment.
- Humm. Le murmure de Mme Stanley était beaucoup plus aigu que d'ordinaire. Je jetai un coup d'½il, seulement à moitié intéressée, et espérai que c'était une araignée sur le bureau, qui l'avait effrayée.
Ses yeux étaient rivés sur l'écran de l'ordinateur. Maintenant, ses doigts étaient inactifs, elle était surprise et mal à l'aise. J'attendais, mais elle ne dit rien d'autre.
- Il y a un problème? Les Newton m'avaient-ils fait un chèque sans provision?
- Non, non bredouilla-t-elle rapidement, me regardant avec une étrange lueur dans les yeux. Elle semblait réprimer une quelconque excitation. Elle me rappelait Jessica, quand elle avait un nouveau potin qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de partager.
- Est-ce que tu veux que je t'imprime ton solde? me demanda Mme Stanley avec impatience. Ce n'était pas dans mes habitudes - mon pécule croissait si lentement et si invariablement qu'il n'était pas difficile de faire le calcul de tête. Mais son changement de ton m'intrigua. Qu'y avait-il sur l'écran qui la fascinait?
- Oui, approuvai-je.
Elle appuya sur une touche et un petit document sortit rapidement de l'imprimante.
- Et voilà. Elle tira le papier avec tellement de précipitation qu'elle le déchira en deux. Oups, je suis vraiment désolée. Elle s'agitait à son bureau, sans jamais croiser mon regard curieux, jusqu'à ce qu'elle trouve un rouleau de ruban adhésif. Elle scotcha les deux morceaux de papiers et me le tendit brusquement.
- Heu, merci, grommelai-je. Le papier en main, je me tournai et allai vers la porte, y jetant un rapide coup d'½il pour voir quel était le problème de Mme Stanley.
Je pensais que mon compte allait être en hausse d'environ mille cinq cent trente-cinq dollars. Je me trompais. Il n'y avait pas trente-cinq dollars, mais trente-six cinquante.
Et il y avait aussi un bonus de vingt mille.
Je me figeai sur place, essayant de comprendre les chiffres. Mon compte avait été augmenté de vingt milles dollars avant mon dépôt d'aujourd'hui, qui avait bien été ajouté.
Pendant un bref instant je pensai à fermer mon compte immédiatement. Mais après avoir soupiré, je retournai vers le comptoir où Mme Stanley m'attendait gaiement, une lueur d'intérêt brillant dans ses yeux.
- Il y a dû avoir une erreur avec l'ordinateur, Mme Stanley, lui dis-je en lui rendant le morceau de papier. Il devrait y avoir mille cinq cent trente six dollars cinquante.
Elle sourit avec un air de conspiratrice.
- Je savais que c'était un peu étrange.
- Ça ne serait possible que dans mes rêves, je ris aussi. Parler aussi normalement m'impressionnait.
Elle tapait vivement.
- Je vois d'où vient le problème ... Il y a trois semaines il y a eu un dépôt de vingt milles dollars de ... humm, il semblerait que ce soit une autre banque. Je suppose que quelqu'un n'a pas pris les bons numéros de compte.
- Qu'est ce que je risque si je soldais mon compte ? la taquinai-je.
Elle gloussa distraitement tout en continuant à taper.
- Humm, dit-elle à nouveau, trois rides profondes plissant son front. Il semblerait que ce transfert soit un virement. Nous n'en avons pas beaucoup de ce genre-là. Tu sais quoi ? Je vais demander à Mme Gérandy de jeter un coup d'½il ... Sa voix s'estompa comme elle se détourna de l'ordinateur, et elle tendit le cou pour regarder par la porte ouverte derrière elle.
- Charlotte, es-tu occupée ? demanda-t-elle.
Pas de réponse. Mme Stanley n'attendit pas la réponse, et passa rapidement par la porte derrière elle pour entrer dans ce qui devait être les bureaux.
Je scrutai la porte pendant une minute, mais elle ne réapparut pas. Je me tournai et contemplai distraitement par la fenêtre la pluie ruisseler sur la vitre. Elle dégoulinait en ruisseaux irréguliers, et elle tombait parfois en biais à cause du vent. L'attente m'évitait de remarquer les minutes s'écouler. J'essayais de laisser mon esprit vagabonder, ne pensant à rien, mais je n'avais pas l'air de revenir à cet état de semi-coma.
Finalement, j'entendis à nouveau des voix derrière moi. Je me tournai pour voir Mme Stanley et la femme du Dr Gérandy entrer dans la pièce avec le même sourire poli sur leur visage.
- Désolée pour tout ça, Bella, dit Mme Gérandy, je devrais pouvoir éclaircir ceci avec un petit coup de fil. Tu peux attendre si tu veux. Elle désigna une rangée de chaises en bois contre le mur. Elles avaient l'air d'appartenir à la salle à manger de quelqu'un.
- Ok, approuvai-je. Je me dirigeai vers les chaises et m'assis en plein milieu de la rangée, souhaitant subitement avoir un livre. Je n'avais rien lu depuis un moment, excepté pour le lycée. Et quand par hasard, certaines histoires d'amour ridicules faisaient partie du programme d'études, je trichais en utilisant un guide de notes. J'étais soulagée d'étudier La Ferme des Animaux désormais. Pourtant, il y avait bien d'autres bons livres. Les thrillers politiques. Les meurtres non élucidés. Les meurtres macabres ne posaient aucun problème, tant que l'intrigue secondaire n'était pas fleur bleue et romantique.
L'affaire s'éternisa et je commençai à m'énerver. J'en avais assez de l'ennuyeuse pièce grise, sans une seule image pour rehausser les murs vides. Je ne pouvais qu'observer Mme Stanley brasser une pile de papiers et faisant une pause de temps en temps pour entrer quelque chose dans l'ordinateur - elle leva les yeux vers moi une fois, et quand elle croisa mon regard, elle semblait mal à l'aise et fit tomber un dossier. Je pouvais entendre la voix de Mme Gérandy, un murmure à peine audible filtrant de la pièce du fond, mais il n'était pas difficile de comprendre qu'elle avait menti sur la longueur de l'appel. C'était si long que l'on pouvait s'attendre à ce que mon esprit sombre, et si ça ne se terminait pas très vite, je ne pourrais plus rien faire. Je devais réfléchir. Je paniquai légèrement, essayant de trouver un sujet décent auquel je pourrais penser.
Le retour de Mme Gérandy me sauva. Je lui souris avec gratitude, alors qu'elle passait la tête par la porte, ses épais cheveux blancs attirant mon regard pour la première fois.
- Bella, voudrais-tu bien venir? demanda-t-elle, et je réalisai qu'elle avait le téléphone contre son oreille.
- Bien sûr, marmonnai-je alors qu'elle disparaissait.
Mme Stanley dû ouvrir le portillon au bout du comptoir pour me laisser entrer. Elle sourit distraitement, elle ne croisait toujours pas mon regard. J'étais absolument certaine qu'elle était en train d'envisager un moyen pour écouter aux portes.
Je songeai à quelques solutions possibles alors que je me hâtais d'aller vers le bureau. Quelqu'un avait blanchi de l'argent avec mon compte. Ou peut-être que Charlie touchait des pots-de-vin et j'étais sa couverture. Qui avait assez d'argent pour soudoyer Charlie, après tout? Peut-être que Charlie appartenait à la pègre, touchait des pots-de-vin et utilisait mon compte pour blanchir de l'argent. Non, je ne pouvais pas imaginer Charlie dans la pègre. C'était peut-être Phil. Connaissais-je bien Phil, après tout?
Mme Gérandy était toujours au téléphone, et elle me montra du menton une chaise pliante en métal devant son bureau. Elle griffonnait précipitamment quelque chose au bas d'une enveloppe. Je m'assis en me demandant si Phil avait un sinistre passé, et si j'allais finir en prison.
- Merci, oui. Et bien, je pense que ce sera tout. Oui, oui. Merci beaucoup pour votre aide. Mme Gérandy adressa un sourire inutile à son interlocuteur avant de raccrocher. Elle n'avait pas l'air en colère ni même menaçante. Plutôt excitée et confuse. Cela me rappela Mme Stanley dans le couloir. Pendant une seconde je caressai l'idée de franchir la porte d'un bond et de l'effrayer.
Mais Mme Gérandy se mit à parler.
- Et bien, je pense que j'ai une excellente nouvelle pour toi ... bien que je ne puisse pas imaginer que tu n'aies pas été informée de ça. Elle me fixait d'un air grave, comme si elle attendait que je me tape le front en disant Oh, ces vingt milles dollars LÀ! Ça m'était complètement sorti de la tête!
- Bonnes nouvelles? la poussai-je. Ces mots devaient signifier que ce problème était trop compliqué pour qu'elle puisse le résoudre et qu'elle avait l'impression que j'étais plus riche que nous le pensions il y a quelques minutes.
- Bon, si tu ne sais vraiment pas ... alors toutes mes félicitations. On t'a accordé une bourse d'étude de... elle regarda ses notes la Pacific Northwest Trust.
- Une bourse? répétai-je incrédule.
- Oui, n'est-ce pas excitant? Mon Dieu, tu peux aller à l'université de ton choix.
C'est à cet instant précis, alors qu'elle s'extasiait joyeusement sur ma bonne fortune, que je su exactement d'où venait l'argent. En dépit d'un soudain élan de colère, d'émotion, d'humiliation et de souffrance, j'essayai de parler calmement.
- Une bourse de vingt mille dollars qui a été virée en liquide sur mon compte, remarquai-je Au lieu de la verser à l'école. Sans même avoir la certitude que je m'en servirais pour l'université.
Ma réaction l'énerva. J'avais l'impression de l'avoir offensée par mes paroles.
- Il serait vraiment imprudent de ne pas utiliser cette argent pour ce à quoi il est destiné, ma chère Bella. C'est le genre de chance qu'on n'a qu'une fois dans sa vie.
- Bien sûr, dis-je aigrement. Et, est-ce que cette Pacific Northwest Trust a expliquée pourquoi elle m'avait choisie?
Elle regarda ses notes une fois de plus, mon ton lui faisant légèrement froncer les sourcils.
- C'est vraiment un honneur - il ne décerne pas une bourse comme celle-là tous les ans.
- Ça, j'en mettrais ma main à couper.
Elle me jeta un coup d'½il et regarda ailleurs promptement.
- La banque à Seattle qui dirige la transaction m'a renvoyée vers l'homme qui gère l'allocation des bourses. Il a dit que la bourse est attribuée sur la base du mérite, le sexe de la personne et le lieu. Ça concerne les étudiantes dans les petites villes qui n'ont pas l'opportunité d'une ville plus grande.
Il semblait que ce quelqu'un se trouvait drôle.
- Mérite? Répondis-je avec désapprobation. J'ai une moyenne de 17. Je peux vous citer trois filles à Forks qui ont de meilleurs résultats que moi, et l'une d'elles est Jessica. Par ailleurs - je n'ai jamais fais de demande de bourse.
Elle était vraiment énervée maintenant, prenant son stylo et le reposant encore, attrapant le pendentif qu'elle portait entre le pouce et l'index. Elle parcouru ses notes à nouveau.
- Il n'a pas évoqué ça ... Elle baissa les yeux vers l'enveloppe, elle n'était pas certaine de savoir comment réagir face à mon comportement. "Ils n'acceptent pas les demandes. Ils vérifient les demandes rejetées pour d'autres bourses et ils choisissent les étudiants qu'ils estiment avoir été injustement oubliés. Ils ont eu ton nom sur une demande de bourse que tu as envoyé pour une demande d'aide financière pour l'Université de Washington.
Je senti les coins de ma bouche s'affaisser. Je ne savais pas que ma demande avait été rejetée. C'était quelque chose que j'avais rempli il y a longtemps, bien avant ...
Et je n'avais pas pensé à d'autres alternatives, bien que les dates limites fussent dépassées. Je n'arrivais pas à me concentrer sur mon futur. Mais l'Université de Washington était le seul lieu où je serais assez près de Charlie et de Forks.
- Comment reçoivent-ils les demandes rejetées ? demandais-je d'une voix plate.
- Je n'en suis pas sûre, ma chère. Mme Gérandy n'était pas contente. Elle s'attendait à de l'excitation et elle avait trouvé de l'hostilité. J'aurais souhaité lui expliquer que ma réaction négative n'était pas dirigée contre elle. Mais l'administrateur m'a laissé son numéro au cas où j'aurais d'autres questions - tu pourrais l'appeler toi-même. Je suis sûre qu'il arrivera à te convaincre que cet argent est bien pour toi.
Je n'avais aucun doute là-dessus.
- J'aimerais avoir le numéro.
Elle écrivit rapidement sur un petit bout de papier déchiré. Je me mis en tête d'envoyer anonymement un bloc de post-it à la banque.
C'était un appel longue distance.
- Je suppose qu'il n'a pas laissé une adresse e-mail? demandai-je sans grande conviction. Je ne voulais pas faire grimper la facture de Charlie.
- En fait, si. Elle souriait, contente d'avoir quelque chose que je voulais. Elle se pencha par dessus le bureau pour écrire une autre ligne sur mon bout de papier.
- Merci. Je vais le contacter dès que je serais rentrée chez moi. Ma bouche formait une ligne dure.
- Ma chère, dit Mme Gérandy hésitante. Tu devrais être heureuse pour tout ça. C'est une grande opportunité.
- Je ne vais pas prendre vingt milles dollars que je n'ai pas mérité, répliquai-je en essayant de cacher le dégout dans ma voix.
Elle se mordit la lèvre et baissa les yeux à nouveau. Elle aussi pensait que j'étais folle. Et bien, j'allais le lui faire dire à haute voix.
- Quoi? demandais-je.
- Bella ... elle s'arrêta et attendit, les dents serrées. C'est beaucoup plus que vingt mille dollars.
- Excusez-moi?
J'étais choquée.
- Plus?
- En fait, le paiement initial est juste de vingt mille. À partir de maintenant, tu recevras cinq mille dollars tous les mois jusqu'à la fin du lycée. Si tu t'inscris à l'université, la bourse continuera à être versée. En me disant ça, elle était à nouveau excitée.
Dans un premier temps je n'arrivais plus à parler, j'étais trop furieuse. Cinq milles dollars par mois pendant une durée indéterminée. J'aurais voulu casser quelque chose.
- Comment?" réussi-je à lâcher.
- Je ne comprends pas ce que tu veux dire.
- Comment vais-je recevoir cinq milles dollars par mois?
- Ça sera viré sur ton compte, répondit-elle, perplexe.
Il y eut un bref instant de silence.
- Je vais clôturer mon compte maintenant, dis-je d'une voix blanche.
Cela me prit quinze minutes pour la convaincre que j'étais sérieuse. Elle finit par me dire que mes raisons, quelles qu'elles fussent, n'étaient pas bonnes. Je discutai avec entêtement, jusqu'à ce qu'il me vienne à l'esprit qu'elle se faisait du souci pour me donner les vingt mille dollars. Est-ce qu'ils disposaient d'une telle somme?
- Attendez, Mme Gérandy, la rassurai-je. Je veux juste retirer mes mille cinq cents dollars. J'apprécierais vraiment si vous pouviez renvoyer le reste de l'argent d'où il vient. Je vais m'arranger avec ce - Je vérifiai le papier. - Monsieur Isaac Randall. C'est vraiment une erreur.
Elle sembla se détendre.
Environs vingt minutes plus tard, avec une liasse de mille cinq cent dollars, un billet de vingt, un de dix, un de cinq, un de un et cinquante cents en poche, je m'enfuyais de la banque avec soulagement. Mme Stanley et Mme Gérandy se tenaient debout près du comptoir me regardant avec de grands yeux.

Scène deux : la même soirée après avoir acheté les motos, et après avoir rendu visite à Jacob la première fois...

Je refermai la porte derrière moi, et je sorti mon argent pour l'université de ma poche. Ça semblait bien modeste dans la paume de ma main. Je le mis au fond d'une chaussette immettable et la rangeai au fond d'un tiroir avec mes sous-vêtements. Ce n'était sûrement pas le lieu le plus original pour cacher quelque chose, mais je m'occuperais de trouver quelque chose de plus inventif plus tard.
Dans mon autre poche, il y avait le petit morceau de papier avec le numéro de téléphone et l'adresse e-mail d'Isaac Randall. Je le pris et le posai sur le clavier de mon ordinateur, ensuite j'appuyai sur le bouton, tapant impatiemment du pied pendant que l'écran s'éclairait.
Quand je fus connectée, j'ouvris ma messagerie. Je dû patienter, car il me fallut fermer une montagne de fenêtre de pubs qui avait inondé ma boîte mail durant les quelques jours où j'avais écris à Renée. J'en finissais avec ce travail laborieux, et je pus ouvrir une page vierge pour écrire un message.
L'adresse e-mail indiquait « irandall », donc je supposais que j'allais être dirigée vers la personne concernée.

Cher Monsieur Randall, écrivais-je,
J'espère que vous vous souvenez de la conversation que vous avez eue cet après-midi avec Mme Gérandy de la Banque Fédérale de Forks. Mon nom est Isabella Swan et apparemment, il s'avère qu'il m'a été attribué une très généreuse bourse scolaire de la Pacific Northwest Trust Company.
Je suis navrée, mais je ne peux pas accepter cette bourse. J'ai déjà demandé que l'argent soit renvoyé sur le compte d'où il venait, et clôturé mon propre compte à la Banque Fédérale de Forks. S'il vous plaît, veuillez attribuer cette bourse à une autre candidate.
Merci. I. Swan.

Il me fallut plusieurs essais pour que cela sonne bien – formel et explicite. Je le relu deux fois avant de l'envoyer. Je n'étais pas tout à fait certaine des instructions que Mr Randall avaient reçues à propos de cette fausse bourse, mais je ne voyais aucune alternative à ma réponse.

Scène trois : quelques semaines plus tard, juste avant le « rendez-vous » de Bella et Jacob avec les motos...

En rentrant, je pris le courrier sur le chemin. J'écartai rapidement les factures et les pubs, jusqu'à ce que je trouve la lettre pratiquement à la fin de la pile.
C'était une enveloppe administrative normale qui m'était adressée – mon nom était en manuscrit, ce qui était inhabituel. Je regardai l'adresse de l'expéditeur avec intérêt.
Intérêt qui se transforma rapidement en une nausée nerveuse. La lettre venait de la Pacific Northwest Trust, Bureau d'Attribution des Bourses. Il n'y avait pas de rue sous le nom.
C'était sûrement juste une confirmation de mon refus, me disais-je. Il n'y avait aucune raison pour que je sois nerveuse. Aucune raison du tout, bien qu'un seul petit détail pourrait me renvoyer en bas de la spirale de zombie land. Seulement ça.
Je déposai le reste du courrier sur la table pour Charlie, ramassai mes livres qui gisaient sur le sol du salon et me précipitai dans les escaliers. Une fois dans ma chambre, je verrouillai la porte et déchirai l'enveloppe. Je ne devais pas oublier que je devais rester en colère. La colère, c'était la solution.

Chère Melle Swan,
Permettez-moi de vous féliciter officiellement pour l'attribution de la prestigieuse bourse J. Nicholls de la Pacific Northwest Trust. Cette bourse n'est attribuée que rarement, et vous devez être fière de savoir que le Comité d'Attribution ayant retenu votre nom a fait l'unanimité pour cet honneur.
Il y a eu quelques petites difficultés dans le versement de votre bourse, mais je vous prie de ne pas vous sentir concernée. J'ai pris sur moi de vous évitez tout désagrément. Vous trouverez ci-joint un chèque de caisse d'un montant de vingt-cinq mille dollars ; le versement initial plus le premier mois de l'allocation.
Encore une fois je me permets de vous adresser mes félicitations pour votre bourse. Veuillez accepter tous les v½ux de la Pacific Northwest Trust pour votre scolarité.
Cordialement, I. Randall

Pour ce qui était d'être en colère, il n'y avait aucun problème.
Je regardai dans l'enveloppe, et bien entendu, il y avait le chèque à l'intérieur.
- Qui sont ces gens? grognai-je les dents serrées, écrasant la lettre, d'une main, en une boule bien serrée.
J'avançai furieusement vers ma poubelle, pour y dénicher le numéro de téléphone de Mr Randall. Peu importe que ce soit un appel longue distance, ce sera une conversation très courte.
- C'est pas vrai! sifflai-je. La poubelle était vide. Charlie avait jeté les ordures.
Je jetai l'enveloppe avec le chèque sur le lit et défroissai la lettre. C'était un papier à entête, en haut duquel était inscrit en vert foncé Pacific Northwest Bureau d'Attribution des Bourses, mais il n'y avait aucune autre information, ni adresse, ni numéro de téléphone.
- Bon sang.
Je m'assis sur le rebord de mon lit et essayai de réfléchir calmement. Apparemment ils avaient décidé de m'ignorer. J'avais pourtant été très claire, ce n'était donc pas un problème de compréhension. Ça ne ferait probablement aucune différence si je téléphonais.
Il n'y avait donc qu'une seule chose à faire.
Je chiffonnai de nouveau la lettre, détruisis l'enveloppe ainsi que le chèque, et dévalai les escaliers.
Charlie était au salon, le volume de la télé fort.
Je me dirigeai vers l'évier de la cuisine, et jetai les boules de papiers à l'intérieur. Ensuite, je farfouillai dans notre tiroir à bazar jusqu'à ce que je trouve une boîte d'allumettes. J'en allumai une, et l'insérai délicatement dans un des trous du papier. J'en allumai une autre, et fis de même. J'avais l'intention d'en allumer une troisième, mais le papier avais brûlé avec enthousiasme, ce n'était donc vraiment pas nécessaire.
- Bella? La voix de Charlie couvrait le son de la télé.
J'ouvrai rapidement le robinet, ressentant un sentiment d'intense satisfaction alors que la force du jet réduisait le brasier en une espèce de pâte de cendre plate et gluante.
- Oui, Papa? je remis les allumettes dans le tiroir et le fermai rapidement.
- Tu ne sens pas de la fumée?
- Non, Papa.
- Mmmm.
Je rinçai l'évier, pour être certaine que toutes les cendres finiraient dans le tuyau d'évacuation, et allumai le broyeur par prudence.
Je retournai dans ma chambre, quelque peu apaisée. Ils pourraient m'envoyer tous les chèques qu'ils voulaient pesai-je gravement. Quand je manquerai d'allumettes, je pourrais toujours en racheter.

Scène quatre : pendant la période où Jacob l'évitait...

Il y avait un colis sur le pas de la porte. Je le ramassai avec curiosité, m'attendant à un retour de courrier de Floride, mais il venait de Seattle. Il n'y avait aucun nom d'expéditeur inscrit sur le côté du carton.
C'était à moi qu'il était adressé, pas à Charlie, ainsi je le posai sur la table et je déchirai l'étiquette du carton pour l'ouvrir.
À peine avais-je vu le logo vert foncé de la Pacific Northwest Trust que je sentis ma gastro-entérite revenir. Je m'affalai sur la chaise la plus proche sans un regard pour la lettre, ma colère grandissant lentement.
Je ne pouvais pas me résoudre à la lire, même si ça n'avait pas été long. Je la sortis du carton, la posai en la retournant sur la table, et jetai à contre c½ur un autre coup d'½il dans le carton pour voir ce qu'il y avait dedans. C'était une enveloppe bombée. J'avais peur de l'ouvrir, mais j'étais malgré tout assez en colère pour l'arracher au carton.
Mes lèvres formaient une ligne dure alors que je l'ouvrai sans prendre la peine d'utiliser l'ouverture. J'avais déjà assez à faire maintenant. Réminiscence et provocation étaient vraiment les dernières choses dont j'avais besoin.
J'étais choquée, mais cependant pas surprise. Qu'est-ce que ça aurait pu être d'autre à part ça - trois grosses liasses de billets, attachées proprement par de larges bandes. Je n'avais pas besoin de regarder les coupures. Je savais exactement combien ils me forçaient à accepter. C'était trente milles dollars.
Tout en me levant, je soulevai précautionneusement l'enveloppe, puis me retournai et la laissai tomber dans l'évier. Les allumettes étaient au fond du tiroir à bazar, exactement là où je les avais laissées la dernière fois. J'en pris une et l'allumai.
La flamme s'approchait de plus en plus près de mes doigts alors que je fixais l'horrible enveloppe. Je ne parvenais pas à la lâcher. J'éteignis l'allumette avant de me brûler. Une grimace de dégout se dessina sur mon visage.
Je saisis la lettre de la table, en fit une boule et la balançai dans l'autre bac de l'évier. Je grattai une autre allumette et la glissai entre les papiers, et je regardai le tout brûler avec une amère satisfaction. Un simple échauffement. Je m'emparai d'une autre allumette. Encore une fois, la tenant, elle se consumait, au-dessus de l'enveloppe. Encore une fois, je me brûlai presque les doigts avant de la jeter dans les cendres de la lettre. Je ne pouvais pas me résoudre à brûler trente milles dollars.
Qu'allais-je donc faire de ça ? Il n'y avait pas d'adresse où les renvoyer – j'étais pratiquement sûre que la société n'existait pas réellement.
Puis il me vint à l'esprit que j'avais une adresse.
Je fourrai à nouveau l'argent dans le carton, arrachant l'étiquette portant mon nom, comme ça si quelqu'un d'autre le trouvait, il serait impossible de faire le rapprochement avec moi. J'allai vers ma camionnette, râlant stupidement tous le long du trajet. Je me promis d'être particulièrement téméraire avec ma moto cette semaine.
Je ferais quelques cascades s'il le fallait.
Je haïssais chaque centimètre de la route alors que je m'enfonçais dans les arbres sombres, serrant les dents à en avoir mal aux mâchoires. Mes cauchemars seraient violents ce soir – je ne demandais que ça. Des fougères remplacèrent les arbres, je roulai rageusement dessus, laissant deux traces de pneus derrière moi. Je m'arrêtai devant les escaliers du porche, les gravis impassiblement.
La maison était toujours dans le même état, tristement vide, morte. Je savais que je projetais mes propres émotions en son apparence, mais ça ne changeait en rien la façon dont je la voyais. En prenant soin de ne pas regarder par les fenêtres, je marchai vers la porte d'entrée. Je souhaitai désespérément être un zombie un instant de plus, mais ma léthargie avait pris fin.
Je posai minutieusement le carton sur le palier de la maison abandonnée, et m'en allai.
Je m'arrêtai en haut de la première marche. Je ne pouvais quand même pas laisser un tas de billets devant la porte d'entrée. C'était presque aussi mal que de les brûler.
Avec un soupir, baissant les yeux, je fis demi-tour et ramassai le carton injurieux. Peut-être pourrais-je en faire don anonymement à une ½uvre de charité. Une ½uvre de bienfaisance pour les gens atteints de maladie du sang, ou quelque chose comme ça.
Mais je secouai la tête en retournant vers la camionnette. C'était son argent, et bon sang, il allait le garder. Si on lui volait sous son porche, ça serait de sa faute, pas de la mienne.
Ma fenêtre était ouverte, et au lieu de descendre de ma camionnette, je lançai simplement le carton aussi fort que possible vers la porte d'entrée.
Je n'avais jamais su viser, et le carton brisa bruyamment la baie vitrée, laissant un trou si gros qu'on aurait dit que j'avais envoyé une machine à laver.
- Oh, c'est pas vrai!, soupirai-je tout haut, couvrant mon visage avec mes mains.
Ce que j'avais fais n'avait aucune importance, je le savais, je rendais juste les choses encore plus difficiles.
Heureusement, ma colère reprit le dessus. C'était de sa faute, me répétai-je. Je lui rendais simplement ce qui lui appartenait. S'il devait faire cette réparation, ça serait son problème.
Par ailleurs, le bruit du verre brisé était plutôt agréable - je me sentais un peu mieux d'une façon perverse.
Je n'étais pas vraiment convaincue, mais je démarrai la camionnette, passai une vitesse et m'en allai. C'était si proche que je pouvais revenir prendre l'argent où il reposait. Et maintenant, j'avais un endroit approprié pour laisser le colis du mois prochain.
C'était le mieux que je pouvais faire.
J'y repensai, une demi heure plus tard quand je fus à la maison. Je me dirigeai vers le bottin pour chercher un vitrier, mais il n'y avait aucun témoin qui puisse m'aider. Comment allais-je justifier l'adresse? Est-ce que Charlie devrait m'arrêter pour vandalisme?

Scène cinq : la première nuit où Alice est revenue après qu'elle aie vu Bella "se suicider"...
- Jasper n'a pas voulu t'accompagner?
- Il n'approuvait pas que j'intervienne.
Je reniflai.
- Tu n'es pas la seule.
Elle se raidit, puis se détendit.
- Est-ce que ça a un rapport avec le trou dans la baie vitrée de ma maison et le carton rempli de billets de mille dollars sur le sol du salon?
- Assurément, dis-je avec colère. Désolé pour la fenêtre. C'était un accident.
- C'est souvent le cas avec toi. Qu'a-t-il fait?
- Quelque chose appelé la Pacific Northwest Trust m'a attribué une très étrange et très persistante bourse d'étude. Ce n'était rien de plus qu'une couverture. Je veux dire, je pense qu'il ne voulait pas que je sache que c'était lui, mais j'espère qu'il n'imaginait pas que je serais aussi naïve.
- Et bien, quel gros tricheur, murmura Alice.
- Exactement.
- Et il me disait de ne pas t'épier. Elle secouait la tête avec irritation.

Scène six : Avec Edward, la nuit après l'Italie, dans la chambre de Bella...

- Y a-t-il une raison pour que le danger ne puisse te résister plus que moi ?
- Le danger n'essaie pas, marmottai-je.
- Bien sûr, il semble que tu cherchais activement le danger. À quoi pensais-tu Bella? J'ai vu dans la tête de Charlie le nombre de fois où tu as fini aux urgences ces derniers temps. T'ai-je dis que j'étais furieux contre toi?
De sa voix paisible on percevait plus la douleur que la colère.
- Pourquoi? Ce ne sont pas tes affaires, dis-je, embarrassée.
- En fait, je me rappelle clairement que tu avais promis de ne rien faire de téméraire.
Ma réponse fut prompte.
- Et tu n'avais pas promis de ne plus interférer?
- À l'époque, tu avais franchi la limite, me signifia-t-il avec précaution. J'ai respecté ma part du contrat
- Ah, c'est comme ça? Trois mots, Edward : Pacific. Northwest. Trust
Il releva la tête pour me regarder, il paraissait perplexe et innocent - beaucoup trop innocent. C'était peine perdue.
- C'est censé me dire quelque chose?
- C'était vraiment insultant, me plaignis-je. Tu penses que je suis aussi stupide?
- Je ne comprends pas un mot de ce que tu dis, dit-il les yeux écarquillés.
- Si tu le dis, grommelai-je.

Scène sept : conclusion de ce fil d'Ariane : la même nuit/matin, quand ils arrivent chez les Cullen pour le vote...

Soudainement, la fumière du porche s'alluma d'un coup, et je pus voir Esmé nous attendre sur le pas de la porte. Ses cheveux caramel ondulés étaient détachés, et elle tenait une sorte de truelle dans la main.
- Est-ce que tout le monde est à la maison ? demandai-je avec espoir alors que nous montions les marches.
- Oui, ils sont là. Alors qu'elle parlait, les fenêtres furent soudain pleines de lumières.
Je regardai par la plus proche pour voir qui nous avait aperçus, mais posé sur un tabouret, un seau contenant une épaisse bouillie grise attira mon attention. Je regardai la perfection lisse du verre, et réalisai ce que faisait Esmé sous le porche avec une truelle.
- Oh non, Esmé. Je suis vraiment désolée pour la fenêtre ! J'allais ...
- Ne t'en fais pas pour ça, m'interrompit-t-elle avec un sourire. Alice m'a raconté l'histoire, et je tiens à te dire que je ne te blâme pas d'avoir fait ça pour cette raison. Elle dévisageait son fils, qui me dévisageait.
Je levai un sourcil. Il regardait ailleurs marmonnant quelque chose d'indistinct à propos qu'à cheval donné on ne regarde pas la bouche.

Note de Stephenie Meyer :
"La plus grande différence (et elle est ENORME) entre la première version de Tentation et le copie final tient en cela : à l'originie, Bella ne découvrait jamais ce qui n'allait pas chez Jacob. Le livre était plus court à l'époque, il manquait les 70 pages cruciales dans lesquelles Jacob et Bella partagent tous leurs secrets, et scellent leur relation en quelque chose, au delà de l'amitié.

(Avant de continuer à lire, ne vous laissez pas embrouiller par cette version. Ce n'était pas ainsi que ca s'est "vraiment passé". Tandis que ma connaissance du personage de Jacob s'approfondisait, cette version me semblait de moins en moins bonne. (Bien sur, Jacob allait enfreindre les règles - il est Jacob!) Il s'agit seulement du squelette - les os sans la peau.)

Essayez d'imaginer ceci : Bella va voir JAcob chez lui et demander à connaître la vérité a propos du "culte". Jacob arrive avec Sam et les autres, et accpète de parler à Belle en privé. Il la largue (par manque de mot plus juste), et elle a le coeur brisé pour la seconde fois dans le livre. Ok, ca semble familier. Mais, plus tard cette nuit...rien ne se passe. Jacob n'enfreint pas la règle, en grimpant à se fenêtre pour lui parler. Jacob ne donne aucun indice, pour essayer de l'aider à découvrir ce qu'elle sait déjà. Bella est une nouvelle fois isolée, seule. Elle ne sait pas du tout que Victoria est là, la chassant, ou que les loups-garous sont là, la protégeant.

Toutefois, Bella est trop perseverante pour accepter ce non de la part de Jacob. Elle n'a pas les mêmes problèmes d'amour propre qu'avec Edward au début de Tentation pour l'arrêter. Non Jacob lui DOIT mieux que ca, merde, et elle va aller le chercher.

Toutefois, elle ne le trouve pas, et ses recherches l'amène près des falaises. Elle se souvient d'avoir vu le "gang" sauter dans l'oubli - et vous savez quelle junkie elle fait avec ses hallucinations. Sauter d'une falaise est son idée dans cette version. Quand Jacob lui sauve la vie, l'interaction enter eux est à 180 degrés de celle de la version finale."


- Comment allons-nous sortir de là? Je toussais et crachais les mots. J'avais si froid maintenant que je ne pouvais plus rien sentir, à part la chaleur de son corps tandis qu'il me retenait prudemment au dessus des vagues, et la douleur dans mon dos. On aurait dit que le courant me tirait par les jambes, comme refusant de me lâcher, mais elles étaient si engourdies que j'avais très bien pu imaginer tout ça.
- Je vais te tirer jusqu'à la plage. Tu vas essayer de rester immobile comme si tu étais inconsciente et ne pas te débattre. Ça sera plus facile pour moi.
- Jake, dis-je anxieusement, Le courant est trop fort. Tu ne pourras sûrement pas y arriver pour toi, sans parler de me tirer.
- Je t'ai repêché, non? Il me tenait trop étroitement pour que je puisse voir son visage, mais sa voix semblait légèrement arrogante.
- Oui acquiesçais-je dubitativement. Comment as-tu fait? Le courant ...
- Je suis plus fort que toi.
Je voulus répliquer, mais l'eau décida de sortir de mon estomac juste à ce moment.
- Okay, dit-il quand j'eus fini de vomir, je dois te sortir de là. Rappelle-toi, reste immobile.
J'étais trop faible pour discuter, mais j'étais terrifiée de quitter la sécurité du rocher et de laisser les vagues reprendre possession de moi. Aussi résignée que j'étais à l'idée de me noyer il y a deux minutes. J'étais maintenant terrifiée. Je ne voulais retourner dans l'obscurité. Je ne voulais pas que l'eau recouvre mon visage encore une fois.
Je pus le sentir quand Jacob se poussa du rocher. J'étais sur le dos et il me tenait toujours sous les bras alors qu'il nageait vers le rivage. La mer agitée nous avait ébranlés, et je paniquai et commençai à battre des pieds.
- Arrête ça, dit-il sèchement.
Je m'obligeai à rester immobile, et ce fut plus difficile que je ne l'avais pensé, même si mes membres ankylosés ne désiraient rien d'autre que de se laisser flotter sans bouger.
C'était incroyable - nous filions à travers les flots comme si un fil nous tirait vers le rivage. Jacob était le nageur le plus fort que j'avais jamais vu. Les mouvements du courant semblaient impuissants à perturber le chemin qu'il se faisait à travers les vagues. Et il était rapide. Une vitesse de record du monde.
Puis, je sentis le sable frotter mes talons.
- Okay, tu peux te lever, Bella.
Aussitôt qu'il me lâcha, je retombai tête la première dans les vagues à hauteur de genou.
Il me rattrapa avant que je ne puisse m'étrangler plus dans l'eau, me jetant facilement sur son épaule et avançant sur la plage. Il ne disait rien, mais sa respiration semblait énervée.
- Par ici, murmura-t-il pour lui-même, et il changea de direction. Je pouvais seulement voir, suspendue comme je l'étais sur son épaule, ses pieds nus laisser d'énormes empreintes dans le sable humide.
Il me posa sur un coin de sable qui semblait sec. Il faisait sombre ici - je réalisai que nous étions dans une grotte peu profonde que les flots avaient creusée dans la falaise. La pluie ne pouvait pas m'atteindre directement, mais de petites éclaboussures de bruine rebondissaient sur le sable à l'extérieur et me touchaient.
Je tremblais si fort que mes dents en claquaient – cela sonnait comme des castagnettes.
- Viens là dit Jacob, mais je n'eus pas à bouger. Il enroula son bras chaud autour de moi et me serra étroitement sur son torse nu. Je frissonnais, mais lui était impassible. Sa peau était si chaude - comme s'il avait de la fièvre.
- Tu n'as pas froid? bégayais-je.
- Non.
Je me sentis honteuse. Non seulement il m'avait vaillamment sortie de l'eau, mais maintenant il me faisait sentir que j'étais faible.
- Je suis une vraie mauviette, marmottais-je
- Non, tu es normale. Il y avait de l'amertume dans sa voix. Il me devança rapidement, ne me laissant pas la chance de lui demander ce qu'il voulait dire.
- Tu comptes me dire ce que tu voulais faire? me demanda-t-il.
- Plongeon depuis la falaise. Divertissement. Incroyable, mais il y avait encore de l'eau dans mon estomac. Elle choisit ce moment pour faire son apparition.
Il attendit que je puisse à nouveau respirer.
- Tu as l'air de t'être bien amusée.
- C'était amusant, jusqu'à ce que je heurte l'eau. On ne devrait pas aller chercher de l'aide ou quelque chose? Mes dents claquaient toujours, mais il comprit ce que je disais.
- Ils arrivent.
- Qui vient? demandai-je, suspicieuse et surprise.
- Sam et les autres.
Je grimaçai.
- Comment sauraient-ils que nous avons besoin d'aide? Mon ton était sceptique.
Il grogna.
- Parce qu'ils m'ont vu courir et me jeter de la falaise après toi.
- Tu m'observais? l'accusai-je légèrement outrée.
- Non, je t'ai entendue crier. Si je t'avais vue, je t'en aurais empêché. C'était vraiment stupide, tu sais.
- Tes amis le font bien.
- Ils sont plus costauds que toi.
- Je suis une bonne nageuse, protestai-je, malgré les faits.
- Dans une pataugeoire," répliqua t-il. Bella, il y a un ouragan qui approche. Tu n'as pas réalisé ou quoi?
- Non, admis-je.
- Stupide, répéta-t-il.
- Ouais, avouai-je en soupirant. Il faisait si froid et j'étais si fatiguée.
- Reste éveillée. Jacob me secoua vigoureusement.
- Arrête, râlai-je. Je vais pas m'endormir.
- Alors ouvre tes yeux.
Sincèrement, je n'avais même pas réalisé qu'ils s'étaient fermés. Je ne lui dis pas. Je les ouvrais simplement et répondis,
- Okay.
- Jacob? L'appel semblait proche malgré le bruit du vent et des vagues. La voix était profonde.
Jacob se pencha de côté pour ne pas crier dans mes oreilles.
- Dans la grotte, Sam!
Je ne les entendis pas approcher. Tout d'un coup, la petite grotte se remplit de jambes brunes. Je levais la tête, sachant mes yeux remplis de méfiance et de colère, consciente de la proximité de Jacob. Ses bras m'entouraient, mais soudainement je me sentis comme si j'étais celle qui le protégeait.
Le visage impassible de Sam fût la première chose que je vis. Une impression confuse de déjà-vu me submergea. La grotte sombre n'était pas si différente de la forêt la nuit, et, une fois de plus, je me retrouvais faible et sans défense à ses pieds. Il me sauvait à nouveau. Je le toisais, agacée.
- Est-ce qu'elle va bien? demanda-t-il à Jacob avec la voix assurée du seul adulte parmi des gamins.
- Je vais bien, rouspétai-je.
Personne ne m'écouta.
- Il faut la réchauffer - elle s'endort, lui répondit Jacob.
- Embry? demanda Sam, et un des garçons s'avança, tendant à Jacob un pack de couvertures. Le ton de commandement de Sam m'irritait au plus haut point. C'était comme si aucun d'eux n'était capable de quoi que ce soit avant qu'il ne l'ait autorisé. Je lui lançai un regard noir et féroce tandis que Jacob enroulait les couvertures autour de moi.
- Sortons-la d'ici, ordonna Sam froidement. Il se pencha vers moi avec ses bras ouverts, mais s'arrêta net quand je m'écartais de lui.
- Je m'en occupe, Sam, dit Jacob, passant ses bras sous moi et me soulevant avec aisance tandis qu'il se levait.
- Je peux marcher, protestai-je.
- Okay. Jacob me remis sur pieds et attendit.
Mes jambes se dérobèrent. Sam me rattrapa dans ma chute; instinctivement, je luttai contre ses mains.
Jacob m'attrapa de nouveau, m'écartant de Sam et me balançant dans ses bras. Il était ridiculement fort pour son âge. Je fronçai furieusement les sourcils quand Sam passa à nouveau les couvertures autour de moi.
- Paul, tu as toujours ce poncho?
Un autre garçon s'avança sans dire un mot et ajouta une couche de plastique sur les couvertures.
Ce fût à ce moment là, enveloppée dans des couches de protection, que je réalisai que Sam et les autres n'étaient pas plus vêtus que Jacob. J'avais pensé que Jacob avait déchiré ses vêtements après avoir sauté à ma suite, mais ils étaient tous nu-pieds et torse-nus, portant seulement un short ou un jean coupé aux genoux, trempé par la pluie. Des gouttes tombaient de leurs cheveux et ruisselaient le long de leurs torses couleur caramel; ils ne semblaient pas s'en apercevoir. Sous ma pile de couvertures, je tremblais sans pouvoir me contrôler et me sentais comme un petit enfant ridicule.
- Allons-y, ordonna Sam, et tous sortirent de la grotte.
Il y avait un sentier qui partait de la plage. Ils gravirent agilement le chemin escarpé, Jacob aussi rapidement que les autres. Personne ne se proposa de l'aider, et il ne demanda rien. Cela ne paraissait pas embêter Jacob de ne pas avoir les mains libres. Il ne trébucha à aucun moment.
Sam et les trois autres étaient devant nous, et, tandis que je les regardais escalader avec l'agilité de chamois en pleine montagne, je fus surprise de constater à quel point ils se fondaient dans le paysage. Ils se mêlaient harmonieusement avec les couleurs des rochers et des arbres, le mouvement du vent; ils ne faisaient qu'un avec leur environnement.
Je jetai un coup d'½il furtif vers Jacob, lui aussi semblait faire corps avec le reste. Les nuages, l'orage et la forêt encadraient son visage de façon parfaite. Il paraissait encore plus naturel, plus à l'aise, bien plus que le Jacob heureux qui travaillait dans son garage fait-maison, encore plus que dans son petit royaume. C'était perturbant.
Nous atteignîmes le sommet, un peu plus bas sur la route que là où je m'étais aventurée. Je pouvais voir une vague bosse, de couleur rouille, un peu plus au Sud, et je devinai qu'il s'agissait de ma camionnette.
Je voulais essayer de marcher à nouveau, mais Jacob ignora mes murmures plaintifs. Ils s'arrêtèrent à l'orée de la forêt, comme s'il leur était plus facile de se mouvoir parmi les arbres plutôt que le long de la route. Et ils bougeaient vite; mon camion se rapprochait plus rapidement qu'il ne l'aurait dû.
- Où sont tes clés? Jacob demanda tandis qu'on se rapprochait. Sa respiration était toujours calme et régulière.
- Dans ma poche, je répondis automatiquement avant de réaliser ce qu'il voulait dire.
- File-les moi.
Je lui jetai un regard furieux, mais son visage était impassible et déterminé. Renfrognée, j'enfonçai ma main dans mon jean trempé et en sortis ma clé. Je me débattis avec les couvertures pour libérer ma main. Je lui tendis la clé.
- Pour toi ou pour Sam? demandai-je, aigrie.
Il roula des yeux.
- Je vais conduire.
Dans un soudain et rapide mouvement, il inclina sa tête vers moi et saisit la clé de ma main avec ses dents.
- Hé! objectai-je surprise, sursautant dans ses bras.
Il esquissa un sourire ironique, la clé dans la bouche.
Nous étions arrivés à la camionnette maintenant; Sam ouvrit la porte du côté passager et Jacob me poussa à l'intérieur. Jacob fit le tour jusqu'au côté conducteur tandis que le reste d'entre eux s'empilait à l'arrière. Jacob mit le moteur en marche et alluma le chauffage, tournant les volets pour que la chaleur vienne de mon côté. Je jetai un ½il coupable dans le rétroviseur, vers ses amis qui étaient assis sans bouger, à moitié nus sous la pluie battante.
- Et puis qu'est-ce que tu faisais dehors, de toutes façons? demandai-je à Jacob. T'étais en train de nager au milieu de l'ouragan, toi aussi?
- Nous courrions, répondit-il brièvement.
- Sous la pluie?
- Oui... heureusement pour toi.
Je ne dis plus un mot et regardai au delà de la vitre.
Nous ne retournions pas sur la 110 comme je le pensais, mais plutôt vers chez les Black.
- Pourquoi tu me ramènes chez toi?
- Je vais chercher ma moto pour la mettre à l'arrière pour le trajet du retour - à moins que tu veuilles me laisser ta camionnette.
- Oh.
- Et puis, je voulais que Billy te voit. Je ne veux pas que Charlie entende parler de cette histoire avant de te savoir complètement ok. Il m'arrêterait sûrement pour tentative de meurtre ou un truc du genre, ajouta t-il avec amertume.
- Ne sois pas stupide, rétorquai-je.
- Okay, admit-il. On a déjà eu une bonne dose de stupidité ce soir... sauter de la falaise!
Je rougis et regardai droit devant moi.
Jacob me porta dans la maison. Les autres suivaient en silence. Le visage de Billy était sans expression.
- Que s'est-il passé? demanda t-il, dirigeant sa question vers Sam plutôt que vers son propre fils. Je lui jetai un regard noir.
- J'ai plongé du haut de la falaise, dis-je rapidement, avant que Sam ne puisse répondre.
Billy leva un seul sourcil et garda ses yeux sur Sam.
- Elle est gelée, mais je pense qu'elle ira mieux avec des vêtements secs, dit Sam.
Jacob m'installa sur un petit canapé, qu'il poussa rapidement près du chauffage. Les pieds du canapé crissèrent bruyamment sur le parquet de bois. Puis il disparut dans sa minuscule chambre.
Billy ne dit rien au sujet de son fils trempé, ni de n'importe lequel d'entre eux. Personne ne semblait se préoccuper d'une éventuelle hypothermie autre que la mienne.
Je me sentais mal en pensant au fait que je trempais le sofa, mais je n'arrivais pas à garder ma tête assez droite pour que mes cheveux mouillés épargnent le tissu du canapé. Même les grandes et inquiétantes silhouettes qui remplissaient la pièce étroite, alignées le long des murs sans bouger, n'arrivèrent à me faire garder les yeux ouverts. Je me sentais enfin réchauffée près du radiateur bourdonnant, et mes poumons me faisaient mal d'une façon qui me poussait vers l'inconscience plutôt que de me laisser éveillée.
- Je ne devrais pas la réveiller pour la changer? entendis-je Jacob murmurer, s'adressant sans doute à Sam.
- Comment est sa peau? demanda la voix profonde de Sam. Je voulais lui envoyer un autre regard noir, mais mes yeux ne daignaient plus s'ouvrir.
Les doigts de Jacob effleurèrent légèrement ma joue.
- Chaude.
- Laisse-la dormir alors, je pense.
J'étais contente qu'ils me laissent enfin tranquille.
- Charlie? demanda Jacob.
Billy répondit cette fois-ci.
- Il viendra sûrement ici en premier. Attendons que l'orage passe pour l'appeler.
Bonne réponse, pensai-je. J'étais là, entourée par des hommes étranges que j'avais appris à craindre, mais je me sentais paradoxalement en sécurité et au chaud.
Quelqu'un parla, une voix que je ne connaissais pas.
- Vous voulez que nous y retournions tous les trois?
Il y eut une pause.
- Je pense qu'il vaut mieux oui, dit finalement Sam. L'orage est une couverture parfaite, on ne sera pas pris au dépourvu.
- Trois ça suffit? demanda Billy, soudainement tendu.
Quelqu'un eut un rire guttural.
- Aucun problème.
- S'il n'y en a qu'un, corrigea sévèrement Sam. Personne ne répondit, mais j'entendis la porte s'ouvrir.
- De la retenue, mes frères, Sam parlait à nouveau, comme quelqu'un faisant ses adieux. Soyez rapides et confiants.
Je fus légèrement réveillée par cet échange de paroles, mais je gardais ma respiration régulière.
- Frères," les autres répétèrent à l'unisson. J'entendis la voix de Jacob se joindre aux autres.
La porte se referma doucement. Il n'y eût plus aucun bruit pendant un long moment, et la chaleur me dirigea à nouveau vers l'inconscience. J'étais sur le point de succomber quand Sam parla calmement.
- Tu ne veux pas la quitter.
- Si elle se réveillait, je pense qu'elle aurait peur de toi. Jacob semblait sur la défensive.
- Tu ne peux pas faire ça, Jacob. Sauver sa vie était la chose à faire aujourd'hui, bien sûr. Mais tu ne peux pas la garder près de toi.
Je dus me mordre la langue pour stopper la réponse acide que je voulais lui balancer. Mais il paraissait plus important d'écouter maintenant.
- Sam... Je... Je pense que je peux y arriver. Je pense que ce serait sûr.
- Un seul moment de colère, c'est tout ce qu'il faudrait. À quel point t'en es-tu rapproché hier après-midi?
Jacob ne répondit pas.
- Je sais à quel point c'est dur.
- Je sais que tu sais, approuva Jacob. Non, je voulais lui crier. Ne t'écrase pas comme ça!
- Sois patient, Sam lui conseilla. Dans un an ou deux...
- Elle sera partie, conclut amèrement Jacob.
- Elle n'est pas pour toi, Sam dit gentiment.
Jacob ne répondit rien, et j'étais tiraillée. Je détestais tomber d'accord avec Sam sur quoi que ce soit. Et je ne voyais pas pourquoi cela devait rendre notre amitié hors-la-loi.
Il faisait trop doux pour que je puisse me concentrer, et dans le silence qui suivit cet échange, je perdis le combat contre mon esprit fatigué. Tout près, j'entendis une voix exquise qui fredonnait une berceuse familière, et je sus que je m'étais endormie.

# Posted on Saturday, 16 May 2009 at 3:14 AM

outtakes (extrait enlever du livre original facsination)

outtakes (extrait enlever du livre original facsination)
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Note de Stephenie Meyer : Cette scène a été raccourcie du chapitre 11 “Complications" (de Twilight ndlr). Cela me dérangeait de l'enlever, mais je ne savais pas pourquoi, donc j'ai laissé tombé. Quand il a été trop tard pour revenir en arrière, j'ai finalement compris pourquoi cela m'avait dérangée. Alors que je fais allusion au côté maladroit de Bella en cours de gym plusieurs fois, je ne l'avais jamais vraiment montrée en action. C'était la seule fois où Edward regardait, et donc l'endroit évident pour démontrer ce côté maladroit. Ha ha - et maintenant mon explication est plus longe que l'outtake !!!






J'entrai dans le gymnase, étourdie, bancale. Je dérivai vers le vestiaire, me changeant en transe, vaguement consciente des autres personnes qui m'entouraient. La réalité ne s'installa pas complètement avant que j'aie une raquette dans la main. Ce n'était pas lourd, pourtant cela semblait dangereux entre mes doigts. Je pouvais voir quelques-uns des autres élèves de ma classe me jeter des regards furtifs. Le Coach Clapp nous ordonna de nous mettre par équipes de deux.

Quelques restes de la chevalerie généreuse de Mike avaient survécu ; il vint se mettre à côté de moi.

- Tu veux qu'on fasse équipe ? demanda-t-il joyeusement.
- Merci, Mike – tu n'es pas obligé de faire ça tu sais, grimaçai-je.

- Ne t'inquiète pas, je me tiendrai loin de toi, sourit-il en un rictus.
Parfois il était si facile d'apprécier Mike.

Cela ne se passa pas en douceur. J'essayai de rester loin de Mike pour qu'il puisse garder le volant en jeu, mais le Coach Clapp vint et lui ordonna de rester de son côté du terrain pour que je puisse participer. Il resta nous regarder, pour appuyer ses mots.

Dans un soupir, je me recentrai sur le terrain, tenant ma raquette bien droite, mais toujours délicatement. La fille de l'autre équipe me lança un sourire méprisant en servant le volant – j'avais dû la blesser durant les cours de basket-ball – le lobant à quelques pas du filet, juste dans ma direction. Je bondis en avant sans grâce, visant de mon revers la direction du petit enquiquineur de caoutchouc, mais j'oubliai de prendre le filet en compte. Ma raquette rebondit dessus avec une force surprenante, s'échappant de ma main pour atteindre mon front, avant de mettre une raclée à l'épaule de Mike qui s'était élancé pour rattraper le volant que j'avais complètement loupé.
Le Coach Clapp toussa, ou étouffa un rire.
- Désolé, Newton, glissa-t-il, s'éloignant pour que nous puissions retrouver nos anciennes positions, moins dangereuses.
- Ça va ? demanda Mike, massant son épaule, tandis que je me frottais le front.
- Ouais, et toi ? demandai-je humblement, ramassant mon arme.
- Je pense que je vais m'en sortir.
Il fit décrire un grand cercle à son bras, s'assurant qu'il avait toujours sa mobilité.

- Je crois que je vais rester à l'arrière.
Je marchai jusqu'au fond du terrain, tenant consciencieusement ma raquette dans mon dos.


Shopping avec Alice

La voiture était une limousine brillante, noire et puissante, aux vitres fumées. Le moteur ronronnait comme un gros chat alors que nous roulions à toute vitesse dans la nuit profonde. Jasper conduisait d'une main, d'un air négligent, mais la voiture musclée avançait avec une parfaite précision.
Alice était assise avec moi sur le siège arrière en cuir noir. Je ne savais comment, au cours de la longue nuit, ma tête avait fini contre son cou de granit, et ses bras froids m'entouraient à présent, sa joue appuyée contre le haut de ma tête. Le devant de son fin T-shirt en coton était froid, trempé par mes larmes. De temps en temps, si ma respiration devenait irrégulière, elle murmurait doucement ; avec sa voix rapide, aiguë, les encouragements étaient semblables à un chant. Pour rester calme, je me concentrai sur le toucher de sa peau froide ; c'était comme une connexion physique avec Edward.
 Tous les deux m'assurèrent – quand je réalisai, frappée de panique, que toutes mes affaires étaient encore dans la camionnette – que laisser tout ça derrière était nécessaire, ça avait quelque chose à voir avec l'odeur. Ils me dirent de ne pas m'inquiéter à propos des vêtements et de l'argent. J'essayai de leur faire confiance, faisant un effort pour ignorer à quel point j'étais mal à l'aise dans les vêtements de Rosalie. C'était une pensée triviale.
Sur les routes lisses, Jasper ne laissait pas la voiture passer au-dessous de cent quatre-vingt dix kilomètres à l'heure. Il semblait complètement ignorant des limites de vitesse, mais nous ne croisâmes aucune voiture de patrouille. Les seules pauses dans la monotonie de la conduite furent deux arrêts pour l'essence. Je remarquai que Jasper allait à l'intérieur pour payer en liquide les deux fois.
L'aurore commença à apparaître alors que nous étions quelque part dans le nord de la Californie. Je regardai la lueur grise à travers le ciel sans nuages avec des yeux secs. J'étais épuisée, mais le sommeil m'avait échappé, mon esprit trop plein d'images dérangeantes pour me détendre dans l'inconscience. L'expression brisée de Charlie, le grognement brutal d'Edward, les dents à découvert, le regard ardent du traqueur, l'expression morne de Laurent, le regard éteint d'Edward après qu'il m'ait embrassée la dernière fois ; elles défilaient devant mes yeux comme des flashs, mes sentiments alternant entre la terreur et le désespoir.
À Sacramento, Alice voulut que Jasper s'arrête, pour me prendre de la nourriture. Mais je secouai la tête, fatiguée, et lui dit de continuer de conduire d'une voix creuse.
Quelques heures plus tard, dans une banlieue en dehors de L.A., Alice lui parla doucement à nouveau, et il sortit de la route au son de mes faibles protestations. Un grand centre commercial était visible depuis la route, il se dirigea par là, entrant dans le parking, au sous-sol, pour se garer.
- Reste avec la voiture, dit-elle à Jasper.

- Tu es sûre ? demanda-t-il avec appréhension.
- Je ne vois personne ici, dit-elle.
Il acquiesça, consentant.
Alice me prit la main et me fit sortir de la voiture. Elle laissa ma main dans la mienne, me gardant près d'elle alors que nous sortions du parking sombre. Elle contourna le bord du parking, restant dans l'ombre. Je remarquai la manière dont sa peau semblait briller dans les rayons du soleil qui se reflétaient sur le trottoir. Le centre commercial était bondé, beaucoup de groupes passaient à côté de nous, quelques-uns tournant la tête pour nous regarder passer.

Nous marchâmes sous un pont qui reliait le plus haut niveau du parking au second étage d'un magasin, restant toujours en retrait des rayons directs du soleil. Une fois à l'intérieur, Alice semblait moins remarquable, simplement une fille pâle comme de la craie, les yeux cernés mais alertes, et les cheveux noirs coiffés en piques. Les marques sous mes yeux, j'en étais sûre, étaient plus évidentes que les siennes. Nous attirions toujours l'attention de quiconque tournait les yeux vers nous. Je me demandai ce qu'ils pensaient voir. La délicate, dansante Alice, avec son visage d'ange, habillée de vêtements fins, pâles, qui ne minimisaient pas assez sa pâleur, me tenant la main, menant clairement, alors que je traînais des pieds dans des vêtements qui ne m'allaient pas du tout mais chers, mes cheveux ternes emmêlés retombant dans mon dos.
Alice m'entraîna infailliblement vers la nourriture.
- Qu'est-ce que tu veux manger ?

 L'odeur des fast-foods gras me retourna l'estomac. Mais les yeux d'Alice n'étaient pas ouverts à la persuasion. Je demandai sans enthousiasme un sandwich à la dinde.
- Je peux aller aux toilettes ? demandai-je alors que nous allions vers la queue.
- Ok.
Et elle changea de direction, sans lâcher ma main.
- Je peux y aller seule.
L'atmosphère du centre commercial me faisait me sentir le plus normal possible depuis notre jeu désastreux de la nuit dernière.
- Désolée, Bella, mais Edward lira mon esprit quand il sera là, et s'il voit que je t'ai perdue de vue ne serait-ce qu'une minute...
Elle s'arrêta, ne voulant pas envisager les conséquences.

Au moins, elle attendit à l'extérieur des toilettes bondées. Je me lavai le visage ainsi que les mains, ignorant les regards choqués des femmes autour de moi. J'essayai de peigner mes cheveux avec mes doigts, mais abandonnai rapidement. Alice me prit la main de nouveau à la porte, et nous retournâmes lentement vers la queue pour la nourriture. Je traînais les pieds, mais elle n'avait pas l'air impatiente.

Elle me regarda manger, lentement au départ, puis plus vite alors que mon appétit revenait. Je vidai si rapidement le soda qu'elle m'avait apporté qu'elle me quitta pendant un moment – sans me lâcher des yeux cependant – pour en prendre un autre.
- C'est définitivement plus commode, ce que tu manges, commenta-t-elle alors que je finissais. Mais ça ne semble pas très drôle.
- Chasser est plus excitant, j'imagine.

- Tu n'as pas idée.
Elle sourit de toutes ses dents brillantes, et plusieurs têtes se tournèrent vers nous.
Après s'être débarrassée des déchets, elle m'entraîna vers les larges couloirs du centre commercial, son regard s'éclairant de temps à autres sur quelque chose qu'elle voulait, m'entraînant avec elle à chaque arrêt. Elle s'arrêta un moment dans une boutique très chère pour acheter trois paires de lunettes de soleil, deux pour femme et une pour homme. Je remarquai que l'employé la regarda différemment quand elle lui tendit une carte de crédit peu familière avec des lignes dorées dessus. Elle trouva une boutique d'accessoires où elle prit une brosse et des élastiques.

Mais elle n'en avait pas réellement fini jusqu'à ce qu'elle m'entraîne dans un genre de boutique que je ne fréquentais jamais, parce que le prix d'une paire de chaussettes n'aurait pas été dans mes moyens.
- Tu dois faire une taille deux, environ.
C'était une constatation, pas une question.

Elle m'utilisa comme mule pour porter les paquets, me chargeant d'un incroyable amas de vêtements. De temps en temps, je la voyais prendre une petite taille alors qu'elle choisissait quelque chose pour elle. Les vêtements qu'elle prenait pour elle étaient en matériau léger, mais à manches longues ou descendant jusqu'aux pieds, étudiés pour couvrir le plus de peau possible. Un large chapeau en paille noir couronnait la pile de vêtements.
La vendeuse eut la même réaction vis-à-vis de la carte peu familière, devenant plus serviable, et appelant Alice "mademoiselle". Le nom qu'elle disait n'était pas familier pourtant. Une fois que nous étions en dehors du centre commercial à nouveau, nos bras chargés de sacs dont elle portait la majorité, je lui posai la question.
- Comment elle t'a appelée ?

- La carte de crédit indique Rachel Lee. On va faire très attention de ne laisser aucune trace pour le traqueur. Allons te changer.
J'y réfléchis alors qu'elle m'emmenait à nouveau vers les toilettes, me poussant dans la cabine pour handicapé, pour que j'aie de l'espace pour bouger. Je l'entendis fouiller dans les sacs, me tendant finalement une robe bleu clair en coton par-dessus la porte. J'enlevai avec gratitude le jean trop long et trop serré de Rosalie, ôtai le chemisier qui m'était trop large aux mauvais endroits, et les fit passer par-dessus la porte. Elle me surprit en poussant une paire de sandales légères en cuir sous la porte – où les avait-elle eues ? La robe m'allait étonnamment bien, laissant deviner une coupe hors de prix à la façon dont elle me moulait.

Alors que je quittais la cabine, je remarquai qu'elle mettait les vêtements de Rosalie dans la poubelle.
- Garde tes baskets, dit-elle. Je les mis sur le dessus d'un des sacs.

Nous retournâmes vers le parking. Alice eut moins de regards cette fois, elle était tellement couverte de sacs que sa peau était à peine visible.
Jasper attendait. Il se glissa hors de la voiture en nous voyant – le coffre était ouvert. Alors qu'il prenait mes sacs en premier, il lança un regard sardonique à Alice.
- Je savais que j'aurais dû venir, marmonna-t-il.
- Oui, acquiesça-t-elle, elles t'auraient adoré, dans les toilettes des femmes.
Il ne répondit rien.
Alice fouilla rapidement dans ses sacs avant de les mettre dans le coffre. Elle tendit à Jasper une paire de lunettes de soleil, en mettant elle-même une. Elle me tendit la troisième paire ainsi que la brosse à cheveux. Puis elle sortit un chemisier à manches longues, d'un tissu fin, d'un noir transparent, l'enfilant par-dessus son t-shirt mais le laissant ouvert. Pour finir, elle ajouta le chapeau de paille. Sur elle, ce costume rudimentaire semblait appartenir à un défilé de mode. Elle attrapa une poignée de vêtements et, les roulant en boule, elle ouvrit la porte arrière et fit un oreiller sur le siège.
- Tu as besoin de dormir, maintenant, ordonna-t-elle fermement.
Je me laissai tomber avec obéissance sur le siège, laissant ma tête reposer, me blottissant sur le côté. J'étais à moitié endormie quand la voiture se mit en route.
- Tu n'aurais pas dû me prendre tout ça, marmonnai-je.

- Ne t'inquiète pas pour ça, Bella. Dors.
Sa voix était reposante.
- Merci, soupirai-je avant de sombrer dans un sommeil inconfortable.
Ce fut la douleur d'avoir dormi dans une position si serrée qui me réveilla. J'étais toujours éreintée, mais devins soudain très nerveuse en me rappelant où j'étais. Je m'assis pour voir la Vallée du Soleil s'étendre devant moi ; la large étendue de toits en tuiles, de palmiers, d'autoroutes, de nuages de pollution et de piscines, entourée par de petites et pierreuses dorsales que nous appelions montagnes. J'étais surprise de ne ressentir aucun sentiment de soulagement, seulement un acariâtre mal du pays pour le ciel pluvieux et l'enceinte verte de l'endroit qui pour moi signifiait Edward. Je secouai la tête, essayant de repousser le début de désespoir qui menaçait de m'envahir.
Jasper et Alice parlaient ; au courant, j'en étais sûre, que j'étais à nouveau consciente, mais ils ne donnèrent aucun signe. Leurs voix rapides et douces, l'une basse, l'autre haut perchée, flottaient musicalement autour de moi. Je déterminai qu'ils discutaient de l'endroit où rester.
- Bella, me demanda nonchalamment Alice, comme si je faisais déjà partie de la conversation. Quel chemin pour l'aéroport ?
- Reste sur la I-10, dis-je automatiquement. Elle passe juste devant.
Je réfléchis un moment, mon cerveau toujours embrumé par le sommeil.
- Est-ce qu'on prend l'avion ? demandai-je.
- Non, mais il vaut mieux être à côté, au cas où.
Elle ouvrit son téléphone portable, et apparemment appela les renseignements. Elle parlait plus lentement que d'habitude, demandant des hôtels proches de l'aéroport, acquiesçant à une proposition, puis s'arrêtant pendant qu'elle était connectée. Elle fit des réservations pour une semaine sous le nom de Christian Bower, débitant le numéro d'une carte de crédit sans en regarder aucun. Je l'entendis répéter les indications pour l'intérêt de l'opérateur ; j'étais sûre qu'elle n'avait besoin d'aucune aide pour sa mémoire.
La vue du téléphone m'avait rappelé mes responsabilités.
- Alice, dis-je quand elle eut fini. Je dois appeler mon père.
Ma voix était sombre. Elle me tendit le téléphone.
On était en fin d'après-midi ; j'espérais qu'il était au travail. Mais il répondit à la première sonnerie. J'eus un mouvement de recul, imaginant son visage anxieux.
- Papa ? dis-je, hésitante.

 - Bella ! Où es-tu, ma chérie ?
Un fort soulagement emplissait sa voix.

- Je suis sur la route.
Il n'y avait pas besoin de lui faire savoir que j'avais accompli un voyage de trois jours en une nuit.

- Bella, tu dois faire demi-tour.

- Je dois rentrer à la maison.
- Ma chérie, et si on parlait de ça ? Tu n'as pas besoin de partir juste à cause d'un garçon.
Il était très prudent, je le devinais.

- Papa, laisse-moi une semaine. J'ai besoin de réfléchir à tout ça, et après je déciderai si je rentre ou pas. Ça n'a rien à voir avec toi, tu le sais.
Ma voix tremblait légèrement.
- Je t'aime, Papa. Quoi que je décide, je te verrai bientôt. Je te le promets.
-D'accord, Bella.
Sa voix était résignée.
- Appelle-moi quand tu arrives à Phoenix.
- Je t'appellerai de la maison, Papa. Au revoir.

- Au revoir, Bella.
Il hésita avant de raccrocher.
Au moins j'étais à nouveau en bons termes avec Charlie, pensai-je alors que je rendais le téléphone à Alice. Elle me regardait attentivement, attendant peut-être un autre craquage émotionnel. Mais j'étais juste trop fatiguée.

La ville familière défilait devant ma fenêtre sombre. Le trafic était fluide. Nous traversâmes rapidement le centre ville, puis tournâmes autour de Sky Harbor International, allant vers le sud, à Tempe. Juste de l'autre côté du lit sec de la Salt River, un peu plus d'un kilomètre après l'aéroport, Jasper sortit sur la commande d'Alice. Elle le dirigea facilement à travers les rues jusqu'à l'entrée de l'aéroport Hilton.

J'avais pensé au Motel 6, mais j'étais sûre qu'ils balaieraient les soucis financiers. Ils avaient l'air d'avoir une réserve sans fin.

Nous rentrâmes dans le parking devant le Ramada, et deux grooms se dirigèrent rapidement vers l'impressionnante voiture. Jasper et Alice sortirent, ressemblant à des stars de cinéma avec leurs lunettes noires. Je sortis maladroitement, engourdie par les longues heures de voiture. Jasper ouvrit le coffre, et le personnel obséquieux déchargea rapidement les sacs dans un chariot. Ils étaient assez bien entraînés pour n'offrir aucun signe de surprise devant notre manque de réel bagage. L'intérieur sombre de la voiture avait été très froid ; sortir à l'extérieur dans Phoenix un après-midi, même à l'ombre, c'était comme mettre ma tête dans un four prêt à griller. Pour la première fois ce jour-là, je me sentis chez moi.

Jasper traversa d'un pas assuré le hall vide. Alice restait prudemment à mes côtés, les grooms nous suivant avec nos affaires. Jasper s'approcha du comptoir, inconscient de son allure royale.

- Bower, fut tout ce qu'il dit à la réceptionniste à l'air professionnel.
Elle entra rapidement ses informations, et seuls quelques infimes regards vers l'idole aux cheveux blonds devant elle, trahissaient son professionnalisme.

Nous fûmes rapidement menés à notre grande suite. Je savais que les deux chambres réservées l'étaient simplement pour ne pas enfreindre les règles de la bienséance. Les grooms déchargèrent efficacement nos sacs alors que je m'assis faiblement sur le sofa, et Alice alla visiter les autres chambres d'un pas de danseuse. Jasper leur serra la main alors qu'ils partaient, et le regard qu'ils s'échangèrent en se dirigeant vers la porte était plus que satisfait ; il était jubilant. Puis nous nous retrouvâmes seuls.
Jasper alla vers les fenêtres et ferma bien les rideaux. Alice apparut et laissa tomber le menu du room service à côté de moi.
- Commande quelque chose, ordonna-t-elle.
- Je vais bien, dis-je faiblement.
Elle me lança un regard noir et récupéra le menu. Marmonnant quelque chose à propos d'Edward, elle prit le téléphone.
- Vraiment, Alice... commençai-je, mais son regard me fit taire.
Je reposai ma tête sur l'accoudoir du sofa et fermai les yeux.

Un coup à la porte me réveilla. Je sursautai si rapidement que je glissai du sofa, tombant sur le sol, et me cognai la tête contre la table basse.

- Ouille, m'exclamai-je à moitié assommée, en me massant le crâne.
J'entendis Jasper rire brièvement, et relevai les yeux pour le voir se couvrir la bouche, essayant de refouler le reste de son amusement. Alice alla à la porte, pressant fermement ses lèvres, les coins de sa bouche frémissant.
Je rougis et remontai sur le sofa, me tenant la tête entre les mains. C'était mon repas ; l'odeur attirante de la viande rouge, du fromage, de l'ail et des pommes de terre flottait autour de moi. Alice porta le plateau aussi facilement que si elle avait été serveuse pendant des années, et le posa sur la table à mes genoux.

- Tu as besoin de protéines, expliqua-t-elle, soulevant le dôme argenté pour révéler un large steak et une sculpture de pomme de terre décorative. Edward ne sera pas content s'il sent que ton sang est anémique quand il viendra ici.
J'étais presque sûre qu'elle plaisantait.
Maintenant que je sentais la nourriture, j'avais faim à nouveau. Je mangeai rapidement, sentant mon énergie revenir alors que les sucres frappaient ma circulation sanguine. Alice et Jasper m'ignoraient, regardant le journal télévisé et parlant si rapidement et faiblement que je ne pouvais comprendre un mot.
Un second coup retentit à la porte. Je sautai sur mes pieds, évitant de peu un nouvel accident avec le plateau à moitié vide sur la table basse.
- Bella, tu as besoin de te calmer, dit Jasper, alors qu'Alice répondait à la porte.
Un membre du personnel lui donna un petit sac avec le logo Hilton dessus et partit silencieusement. Alice le prit et vint me le tendre. Je l'ouvris et trouvai une brosse à dents, du dentifrice, et toutes les autres choses critiques que j'avais laissées à l'arrière de ma camionnette. Les larmes me montèrent aux yeux.
- Vous êtes si gentils avec moi.
Je regardai Alice puis Jasper, bouleversée.

J'avais remarqué que Jasper était habituellement le plus prudent possible et gardait ses distances avec moi, je fus donc surprise quand il vint à mes côtés et posa sa main sur mon épaule.

 - Tu fais partie de la meute, maintenant, plaisanta-t-il, souriant chaleureusement.
Je sentis soudainement la lassitude se répandre dans mon corps; mes paupières devinrent trop lourdes pour rester ouvertes.

- Très subtil, Jasper, entendis-je Alice dire d'un ton ironique.
Ses bras froids et minces se glissèrent sous mes genoux et derrière mon dos. Elle me porta, mais je m'endormis avant qu'elle ne me pose sur le lit.

Il était très tôt quand je me réveillai. J'avais bien dormi, d'un sommeil sans rêves, et j'étais plus alerte que d'habitude au lever. Il faisait sombre, mais des rais de lumière filtraient de sous la porte. Je me penchai au bord du lit, cherchant une lampe sur la table de nuit. Une lumière s'alluma au-dessus de moi, je sursautai, et Alice était là, agenouillée à côté de moi sur le lit, sa main sur la lampe qui se trouvait stupidement au dessus de la tête de lit.

- Désolée, dit-elle tandis que je m'affalais sur l'oreiller, soulagée. Jasper a raison, continua-t-elle. Tu as besoin de te relaxer.
- Oui, eh bien ne lui dis pas ça, marmonnai-je. S'il essaye de me relaxer encore plus je serai dans le coma.
Elle rit.

- Tu as remarqué, hein ?
- S'il m'avait frappée derrière la tête avec une poêle ça aurait été moins flagrant.
- Tu avais besoin de dormir.
Elle haussa les épaules, souriant toujours.

- Et maintenant j'ai besoin d'une douche, beurk !
Je réalisai que je portais toujours la robe bleue, qui était beaucoup plus froissée qu'elle n'aurait dû l'être. Ma bouche était pâteuse.

- Je crois que tu vas avoir un bleu sur le front, mentionna-t-elle alors que je me dirigeais vers la salle de bain.
Après m'être lavée, je me sentis beaucoup mieux. Je mis les vêtements qu'Alice m'avait posés sur le lit, un chemisier vert qui semblait être fait de soie, et un short en lin. Je me sentais coupable de voir que mes nouveaux vêtements étaient beaucoup mieux que tous ceux que j'avais laissés derrière moi. C'était agréable de pouvoir enfin faire quelque chose de mes cheveux ; les shampooings de l'hôtel étaient d'une très bonne qualité et mes cheveux redevinrent soyeux. Je pris mon temps pour les sécher, pour qu'ils soient parfaitement raides. J'avais le sentiment que l'on ne ferait pas grand-chose aujourd'hui. Une inspection de près dans le miroir révéla une ombre de plus en plus visible sur mon front. Fabuleux.
 Quand j'émergeai enfin, la lumière filtrait aux bords des rideaux épais. Alice et Jasper étaient assis sur le sofa, fixant patiemment la télé presque silencieuse. Il y avait un nouveau plateau-repas sur la table.

- Mange, dit fermement Alice en le désignant du doigt.

 Je m'assis avec obéissance sur le sol, et mangeai sans faire attention à la nourriture. Je n'aimais pas l'expression sur leurs visages. Elle était trop calme. Ils regardaient la télé sans détourner le regard, même si ce n'était que des publicités qui passaient. Je repoussai le plateau, l'estomac soudain noué. Alice baissa les yeux, jetant un coup d'½il au plateau toujours plein avec un regard de mécontentement.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Alice ? demandai-je.
- Tout va bien.
Elle me regarda avec de grands yeux honnêtes que je ne crus pas une seconde.
- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- On attend que Carlisle appelle.
- Il n'aurait pas déjà dû appeler maintenant ?
Je pouvais voir que j'étais proche de la vérité. Les yeux d'Alice se dérobèrent vers le téléphone portable, sur son sac en cuir, puis vers moi à nouveau.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ma voix tremblait, et je me battais pour la contrôler.
- Qu'il n'a pas encore appelé ?
- Ça veut juste dire qu'ils n'ont rien à nous dire pour l'instant.
Mais sa voix était trop calme, et l'air était soudainement plus difficile à respirer.
- Bella, dit Jasper dans une voix suspicieusement douce. Tu n'as pas à t'inquiéter. Tu es parfaitement en sécurité ici.
- Tu crois que c'est pour ça que je m'inquiète ? demandai-je, incrédule.
- Alors pour quoi d'autre ?
Il était aussi surpris. Il devait sentir la teneur de mes émotions, mais ne pouvait pas lire ce qui les provoquait.
- Tu as entendu ce que Laurent a dit.
Ma voix était basse, mais ils pouvaient m'entendre facilement, bien sûr.
- Il a dit que James était un meurtrier. Et si quelque chose tournait mal, et qu'ils étaient séparés ? Si quelque chose leur arrivait, à Carlisle, Emmett... Edward... (Je déglutis.) Si cette femelle sauvage blessait Rosalie ou Esmé... (Ma voix était devenue plus perchée, une note d'hystérie commençant à monter.) Comment est-ce que je pourrais vivre avec moi-même en sachant que c'est de ma faute ? Aucun de vous ne devrait risquer sa vie pour moi...

 - Bella, Bella, arrête, m'interrompit-il, ses mots sortant rapidement. Tu t'inquiètes à propos des mauvaises choses, Bella. Fais-moi confiance là-dessus – aucun de nous n'est en danger. Tu es assez sous pression comme ça, ne rajoute pas des inquiétudes complètement inutiles. Écoute-moi... (J'avais détourné les yeux.) Notre famille est forte. Notre seule peur est de te perdre.
- Mais pourquoi vous...
Ce fut Alice qui m'interrompit cette fois, touchant ma joue avec ses doigts froids.

- Ça fait presque un siècle qu'Edward est seul. Maintenant qu'il t'a trouvée, notre famille est complète. Penses-tu qu'on pourrait le regarder dans les yeux pour les cent prochaines années s'il te perdait ?
Ma culpabilité s'apaisa alors que je regardais ses yeux foncés. Mais, même si le calme envahissait mon corps, je savais que je ne pouvais pas faire confiance à mes sentiments tant que Jasper était présent.

EMMETT ET L'OURS




Note de Stephenie Meyer : "Ce bout a été supprimé de l'épilogue original (de Twilight NdT). Même si j'explique brièvement l'histoire d'Emmett dans le chapitre 14 "La raison et la chair", cela me manquait vraiment de ne pas avoir les détails de sa propre bouche."


J'étais surprise de voir qu'une étrange affinité s'instaurait entre Emmett et moi, surtout parce que, de tous, il avait été celui qui m'effrayait le plus pendant longtemps. Cela concernait la manière dont nous avions été choisis pour rejoindre la famille ; nous avions tous les deux été aimés – et aimé en retour – alors que nous étions humains, même si cela avait été très court pour lui. Seul Emmett se souvenait – lui seul pouvait comprendre le miracle qu'Edward constituait pour moi.

Nous parlions de cela pour la première fois un soir, alors que nous étions tous les trois allongés sur les canapés du salon, Emmett me régalant doucement de ses souvenirs, encore mieux que des contes de fées, tandis qu'Edward se concentrait sur la chaîne Cuisine – il avait décidé qu'il devait apprendre à cuisiner, à ma grande surprise, et cela lui était difficile sans les sens indispensables de l'odorat et du goût. Enfin, il y avait quelque chose qui ne lui venait pas naturellement. Ses sourcils parfaits se froncèrent devant le célèbre chef améliorant sa recette en la goûtant. Je réprimai un sourire.

- Il finissait de jouer avec moi, et j'ai su que j'allais mourir, se souvint doucement Emmett, concluant le conte de ses années d'humain avec l'histoire de l'ours.
Edward ne nous prêtait aucune attention ; il avait déjà entendu cette histoire.
- Je ne pouvais pas bouger, et j'étais en train de perdre conscience, quand j'ai entendu ce que je croyais être un autre ours, et ce que j'imaginais être une lutte pour savoir qui emporterait ma carcasse. Soudain, j'ai senti que je volais. Je pensais être mort, mais j'essayais tout de même d'ouvrir les yeux. Alors je l'ai vue –
Son visage était incrédule à ce souvenir ; je m'identifiais totalement,
- Et j'ai su que j'étais mort, enchaîna-t-il. Je me fichais complètement de la douleur – je luttais pour garder mes paupières ouvertes, je ne voulais pas manquer une seule seconde de ce visage d'ange. Bien sûr, je délirais, je me demandais pourquoi nous n'étions pas encore au paradis, pensant que cela devait se trouver plus loin que je ne le pensais. Je m'attendais à ce qu'elle décolle. Puis elle m'a amené à Dieu.
Il rit de son rire puissant. Je pouvais tout à fait comprendre que n'importe qui fasse cette supposition.
- Je pensais que ce qui m'est arrivé ensuite était mon jugement. J'avais eu trop de plaisirs dans mes vingt années humaines, donc je n'ai pas été surpris par les feux de l'enfer.
Il rit de nouveau, je frissonnai. Le bras d'Edward me resserra inconsciemment.
- Ce qui m'a surpris est que l'ange n'est pas parti. Je ne comprenais pas comment une chose aussi jolie pouvait rester en enfer avec moi – mais je lui en étais reconnaissant. A chaque fois que Dieu venait voir mon état, je craignais qu'il ne l'emporte loin de moi, mais il ne l'a jamais fait. J'ai commencé à penser que ces prêtres qui parlent d'un Dieu miséricordieux avaient peut-être raison, après tout. Puis la douleur a disparu... et ils m'ont expliqué.
- Ils ont été surpris de voir à quel point le fait d'être un vampire me perturbait peu. Mais si Carlisle et Rosalie, mon ange, étaient des vampires, était-ce si mal ?
J'acquiesçai, totalement d'accord, tandis qu'il continuait.
- J'ai eu plus de problèmes avec les règles... gloussa-t-il. Tu n'en pouvais plus de moi au début, n'est ce pas ?
Le coup de coude joueur qu'Emmett mit dans l'épaule d'Edward nous fit valser tous les deux.

Edward grogna sans détacher ses yeux de la télé.

- Donc, tu vois, l'Enfer n'est pas si mal si tu as un ange près de toi, m'assura-t-il avec malice. S'il change un jour d'avis pour accepter l'inévitable, tu t'en sortiras bien.
Le poing d'Edward bougea si vivement que je ne vis pas ce qui cogna Emmett, l'étalant sur le canapé. Les yeux d'Edward n'avaient pas quitté l'écran.
- Edward ! le grondai-je, horrifiée.
- Ne t'inquiète pas, Bella.
Emmett était de nouveau à sa place, imperturbable.
- Je sais où le trouver.
Il regarda au-dessus de ma tête, vers Edward.
- Tu devras la lâcher à un moment ou un autre, menaça-t-il.
Edward grogna simplement en guise de réponse, sans lever les yeux.

- Les garçons ! appela brusquement la voix réprobatrice d'Esmée du bas des escaliers.

REMIX DU BAL DE PROMO

“Quand vas-tu me dire ce qu'il se passe, Alice ?”
“Tu verras, sois patiente,” m'ordonna-t-elle avec un sourire sournois.
Nous étions dans ma voiture, mais c'était elle qui conduisait. Plus que trois semaines, et je pourrais retirer mon attelle ; alors, je pourrais sérieusement remettre mon pied au “travail de la pédale”. J'aimais conduire.
Nous étions fin mai, et je ne sais comment la campagne autour de Forks avait trouvé un moyen d'être encore plus verte que d'habitude. C'était magnifique, bien sûr, et d'une certaine façon, je commençai à me réconcilier avec la forêt, surtout parce que j'y passais plus de temps que d'habitude. La nature et moi n'étions pas encore de grandes amies, mais nous nous rapprochions progressivement.
Le ciel était gris, mais je l'appréciais ainsi. C'était un gris perlé, pas du tout sinistre, pas pluvieux, et presque assez chaud pour moi. Les nuages étaient épais et réconfortants, le genre de nuages qui m'étaient devenus plaisants, grâce à la liberté qu'ils garantissaient.
Mais malgré cet environnement agréable, je me sentais angoissée. En partie à cause du comportement bizarre d'Alice. Elle avait beaucoup insisté pour que nous prenions une journée entre filles en ce samedi matin, pour me conduire à Port Angeles, m'entraînant chez la manucure et la pédicure, refusant que j'utilise le modeste rose foncé que je voulais, demandant à la place à la manucure de me vernir les pieds avec un rouge sombre chatoyant - en insistant même pour me peindre les orteils pris dans l'attelle.
Ensuite, elle m'avait emmenée acheter des chaussures, malgré le fait que je ne puisse en essayer qu'une sur deux. Malgré mes protestations énergiques, elle avait acheté une paire des plus impraticables, des talons aiguilles scandaleusement chers - une paire dangereuse à première vue, retenue seulement par d'épais rubans de satin qui passaient par-dessus mon pied, et se serraient en un grand n½ud derrière ma cheville. Ils étaient bleu jacinthe très foncé, et j'avais essayé en vain de lui expliquer que je n'avais rien à mettre qui irait avec. Même avec mon placard plein des vêtements qu'elle m'avait acheté à L.A - la plupart d'entre eux étaient trop légers pour être portés à Forks - j'étais sûre de n'avoir rien dans ces tons. Et même si j'avais eu cette couleur exacte cachée dans mon armoire, mes vêtements n'allaient absolument pas avec des talons aiguilles. Je n'étais pas faite pour les talons aiguilles - je pouvais à peine marcher sans encombre en chaussettes. Mais ma logique imparable ne servait à rien contre elle. Elle n'avais même pas essayé de me convaincre.
“Eh bien, ce ne sont pas des Biviano, mais ça ira,” avait-elle marmonné, me déroutant, sans rien ajoute en dégainant sa carte bleue devant les employés impressionnés.
Elle avait acheté mon déjeuner à la fenêtre d'un drive de fast-food, m'expliquant que je devrais manger dans la voiture, mais refusant de m'expliquer pourquoi nous étions si pressées. Qui plus est, sur le chemin du retour, j'avais dû lui rappeler plusieurs fois que ma voiture était parfaitement incapable des mêmes performances qu'une voiture de sport, même avec les améliorations que Rosalie y avait apportées, et la prier d'arrêter de la malmener. D'habitude, Alice était mon chauffeur préféré. Elle ne semblait pas gênée par le fait de conduire 40 ou 50 kilomètres heure au-dessus de la limitation de vitesse.
Mais l'agenda secret d'Alice ne constituait que la moitié du problème, bien sûr. J'étais presque pathétiquement anxieuse de ne pas avoir vu le visage d'Edward depuis presque six heures, ce qui devait être un record pour ces deux derniers mois.
Charlie avait montré des réticences, mais il avait fini par s'incliner. Il s'était habitué à la présence constante d'Edward quand il revenait à la maison, ne trouvant rien à me reprocher lorsqu'il nous retrouvait assis devant nos devoirs sur la table de cuisine - il semblait même apprécier la présence d'Edward lorsqu'ils criaient ensemble devant les matches d'ESPN. Mais il n'avait rien perdu de son inflexibilité habituelle lorsqu'il ouvrait la porte pour Edward à précisément dix heures chaque soir de semaine.
Bien sûr, Charlie ne savait pas du tout que les capacités d'Edward lui permettaient de ramener sa voiture chez lui et de revenir par ma fenêtre en moins de dix minutes.
Il était bien plus agréable envers Alice, parfois même de façon embarrassante.
Evidemment, jusqu'à ce que mon plâtre volumineux soit remplacé par quelque chose de moins encombrant, j'avais besoin de l'aide d'une femme. Alice était un ange, une s½ur ; chaque nuit et chaque matin elle apparaissait pour m'aider dans ma routine quotidienne.
Charlie était extrêmement reconnaissant d'être soulagé de l'horreur que constituait une fille presque adulte ayant besoin d'être douchée - c'est bien au delà de ses compétences, et des miennes aussi, en vérité. Mais c'était avec plus que de la simple gratitude que Charlie commença à la surnommer “Mon ange”, en la regardant avec des yeux médusés quand elle dansait en souriant dans la petite maison, l'illuminant. Aucun humain ne pouvait résister à sa grâce et son incroyable beauté, et chaque fois qu'elle se glissait à travers la porte le soir venu, avec un affectueux “À demain, Charlie,” elle le laissait complètement stupéfait.
“Alice, est-ce qu'on rentre maintenant ?” demandai-je à présent ; nous comprenions toutes les deux que je parlais de la maison blanche près de la rivière.
“Oui” sourit-elle, sachant où je voulais en venir. “Mais Edward n'est pas là-bas.”
Je fronçais les sourcils. “Où est-il ?”
“Il avait une course à faire.”
“Une course ?” répétai-je sans comprendre. “Alice, (mon ton devint enjôleur) s'il te plaît, dis-moi ce qu'il se passe.”
Elle secoua la tête, en souriant toujours. “Ça m'amuse trop,” expliqua-t-elle.
Quand nous arrivâmes à la maison, Alice m'emmena directement en haut des escaliers, dans sa salle de bain aussi grande qu'une chambre. Je fus surprise d'y trouver Rosalie qui attendait, un sourire divin sur le visage, se tenant derrière une chaise rose très basse. Un étalage stupéfiant d'outils et de produits recouvrait tout le comptoir.
“Assieds-toi”, ordonna Alice. Je la toisai soigneusement pendant une minute, puis, décidant qu'elle utiliserait la force si nécessaire, je boitillai jusqu'à la chaise, et m'assis avec le peu de dignité qu'il me restait. Rosalie commença immédiatement à me brosser les cheveux.
“J'imagine que tu ne vas pas me dire de quoi il s'agit ?” lui demandai-je.
“Tu peux me torturer” murmura-t-elle, absorbée par mes cheveux, “mais je ne parlerai pas.”
Rosalie soutint ma tête dans l'évier pendant qu'Alice frotta mes cheveux avec un shampooing qui sentait la menthe et le pamplemousse. Alice jeta furieusement une serviette sur le fouillis de mes cheveux mouillés, puis vaporisa pratiquement toute une bouteille d'un autre produit - celui ci sentait le concombre - sur la masse humide, et frotta de nouveau avec la serviette.
Puis, elles me peignèrent très vite ; peu importe ce qu'était cette chose au concombre, elle avait démêlé mes cheveux. Je devrais peut-être leur emprunter le produit un jour ou l'autre. Puis elles prirent chacune un sèche-cheveux et se mirent au travail.
Alors que les minutes passaient, et qu'elles s'occupaient de nouvelles mèches humides, leurs visages commencèrent légèrement à se crisper d'inquiétude. Je souris allègrement. Il y avait certaines choses que même les vampires ne pouvaient pas accélérer.
“Mais elle a beaucoup trop de cheveux” commenta Rosalie d'une voix anxieuse.
“Jasper !” appela Alice d'une voix claire, pourtant pas trop forte. “Trouve-moi un autre sèche-cheveux !”
Jasper arriva à leur secours, arrivant je ne sais comment avec deux nouveaux sèche-cheveux, qu'il pointa vers mes cheveux, l'air extrêmement amusé, pendant qu'elles continuaient de travailler avec les leurs.
“Jasper...” commençais-je, pleine d'espoir.
“Désolé Bella, je ne suis pas autorisé à dire quoi que ce soit.”
Il s'échappa gracieusement quand tout fut finalement sec - et épais. Mes cheveux se tenaient à trois centimètres de mon crâne.
“Qu'est ce que vous m'avez fait ?” demanda-je, horrifiée. Mais elles m'ignorèrent, sortant une boîte de bigoudis.
J'essayai de les convaincre que mes cheveux ne frisaient pas, mais elle m'ignorèrent, barbouillant chaque mèche d'une substance d'un jaune malsain, avant d'y enrouler un bigoudi.
“Tu as trouvé les chaussures ?” demanda Rosalie intensément pendant qu'elles travaillaient, comme si la réponse était vitale.
“Oui - elles sont parfaites.” Alice ronronna de satisfaction.
Je regardai Rosalie dans le miroir, secouant la tête comme si un gros poids venait de lui être enlevé de la conscience.
“Tes cheveux sont très beaux,” notai-je. Ce n'était comme s'ils n'étaient pas toujours parfaits - mais elle les avait relevés cet après-midi, créant une couronne de douces boucles dorées au sommet de son visage parfait.
“Merci”. Elle sourit. Elles commençaient la deuxième ligne de mèches à présent.
“Que penses-tu du maquillage ?” demanda Alice.
“C'est embêtant” déclarai-je. Elles m'ignorèrent.
“Elle n'a pas besoin de grand chose - sa peau est mieux sans rien,” dit Rosalie d'un air songeur.
“Mais du rouge à lèvres” décida Alice.
“Et du mascara, et de l'eye-liner,” ajouta Rosalie, “juste un peu.”
Je soupirai bruyamment. Alice ricana. “Sois patiente, Bella. On s'amuse.”
"Tant que c'est ton cas.” marmonnai-je.
Elles avaient inconfortablement positionné tous les bigoudis sur ma tête à présent.
“Allons l'habiller.” La voix d'Alice tremblait d'impatience. Elle n'attendit pas que je boitille hors de la salle de bain moi-même. À la place, elle m'extirpa en me transportant jusqu'à la grande chambre blanche d'Emmett et Rosalie. Sur le lit, il y avait une robe. Bleu jacinthe, bien sûr.
“Qu'en penses-tu ?” pépia Alice.
C'était une bonne question. C'était fait de dentelle légère, apparemment prévu pour être porté très bas, les épaules dégagées, avec des longues manches drapées qui se resserraient au niveau des poignets. Le corsage léger était ceinturé par un autre imprimé fleuri couleur jacinthe pâle, qui se plissait pour former une fine manchette sur le côté gauche. Les motifs de fleurs étaient longs dans le dos, mais ouverts devant sur plusieurs couches de jabots jacinthe clair ajustés, formant un dégradé de couleur jusqu'en bas de l'ourlet.
“Alice !” braillai-je. “Je ne peux pas porter ça !”
“Pourquoi ?” demanda-t-elle d'une voix dure.
“Le haut est complètement transparent !”
“Ça va en dessous.” Rosalie me tendit un vêtement menaçant bleu pâle.
“Qu'est ce que c'est ?” demandai-je, effrayée.
“C'est un corset, imbécile,” dit Alice, impatiente. “ Alors est-ce que tu va le mettre, ou dois-je appeler Jasper et lui demander de te tenir pendant que je le fais ?” menaça-t-elle.
“Tu es censée être mon amie ”, accusai-je.
“Sois gentille Bella,” soupira-t-elle, “je ne me souviens pas de mon existence humaine, et j'essaie de m'amuser par procuration, là. En plus, c'est pour ton bien.”
Je me plaignis et rougis beaucoup, mais il ne fallut pas longtemps pour m'enfiler la robe. Je devais l'admettre, le corset présentait des avantages.
“Wow,” soufflai-je, en regardant vers le bas. “J'ai un décolleté.”
“Qui l'eût cru,” ricana Alice, ravie de son propre travail. Je n'étais pas complètement convaincue cependant.
“Vous ne croyez pas que cette robe est un peu trop... je ne sais pas... avant-gardiste... pour Forks ?” demandai-je, hésitante.
“Je pense que le mot que tu cherches est haute couture,” rit Rosalie.
“Ce n'est pas pour Forks, c'est pour Edward.” insista Alice. “C'est exactement ce qu'il faut.”
Elles me ramenèrent dans la salle de bain, défaisant les bigoudis de leurs doigts aériens. A ma grande surprise, des cascades de boucles dégringolèrent. Rosalie étira la plupart d'entre elles, les tortillant doucement en anglaises qui submergeaient mon dos. Pendant qu'elle travaillait, Alice dessina rapidement une épaisse ligne noire autour de chacun de mes yeux, me mit du mascara, et étala précautionneusement un rouge à lèvres rouge foncé sur mes lèvres. Puis, elle s'échappa rapidement de la pièce et revint avec les chaussures.
“Parfait.” souffla Rosalie tandis qu'Alice les tenait en l'air pour que nous les admirions.
Alice noua la chaussure de la mort avec expertise, puis regarda mon attelle avec spéculation.
“J'imagine qu'on a fait tout ce qu'on pouvait ” dit-elle tristement en secouant la tête. “Tu ne pense pas que Carlisle nous laisserait...” Elle jeta un coup d'½il à Rosalie.
“Je ne pense pas”, répliqua sèchement Rosalie. Alice soupira.
Toutes deux se reprirent.
“Il est rentré.” Je savais de qui elle parlait en disant “il”, et je sentis de vigoureux papillons dans mon estomac.
“Il peut attendre. Il y a encore une chose importante,” dit Alice fermement. Elle me souleva une nouvelle fois - c'était nécessaire, j'étais sûre que je ne pourrais pas marcher dans cette chaussure - et me porta jusque dans sa chambre, où elle me déposa doucement devant sa large psyché dorée.
“Voilà” dit-elle. “Tu vois ?”
Je fixai l'inconnue dans le miroir. Elle avait l'air très grande dans cette chaussure, la longue et fine ligne de la robe moulante s'ajoutant à l'illusion. Le corsage décolleté - où sa poitrine exceptionnellement impressionnante me sauta aux yeux de nouveau - rallongeait son cou, tout comme les colonnes de boucles radieuses qui s'étalaient le long de son dos. La couleur jacinthe du tissu était parfaite, faisant ressortir sa peau ivoire ainsi que le rose de ses joues. Elle était très jolie, je devais l'admettre.
“Ok, Alice.” Souris-je. “Je vois.”
“Ne l'oublie pas.” ordonna-t-elle.
Elle me souleva de nouveau, et m'emmena en haut des escaliers.
“Tourne toi, et ferme les yeux !” ordonna-t-elle du bas des escaliers. “Et reste en dehors de ma tête - ne gâche pas ce moment.”
Elle hésita, marchant plus lentement que d'habitude vers le bas des escaliers jusqu'à ce qu'elle puisse s'assurer qu'il obéissait. Puis elle vola presque sur le reste du trajet. Edward se tenait près de la porte, il nous tournait le dos, très grand et sombre - je ne l'avais jamais vu porter du noir auparavant. Alice me redressa, lissant les plis de ma robe, remettant une boucle en place, puis elle me laissa sur place, pour aller s'asseoir sur le tabouret du piano, et regarder. Rosalie la suivit pour s'asseoir dans le public.
“Est-ce que je peux regarder ?” Sa voix brûlait d'impatience - mon c½ur se mit à battre irrégulièrement.
“Maintenant...oui”, dirigea Alice.
Il pivota immédiatement, et se figea sur place, ses yeux topaze grands ouverts. Je pus sentir les battements de mon c½ur résonner dans ma nuque, et mes joues se teinter. Il était si beau ; je sentis une étincelle de cette vieille peur, me disant que ce n'était qu'un rêve, qu'il ne pouvait pas être réel. Il portait un smoking, et il aurait dû se retrouver sur un écran de cinéma, pas près de moi. Je le fixai mêlée d'admiration et d'incrédulité.
Il marcha lentement ver moi, hésitant à quelques centimètres lorsqu'il m'atteint.
“Alice, Rosalie... merci” souffla-t-il sans détourner ses yeux de moi. J'entendis Alice glousser de plaisir.
Il avança vers moi, posa une main froide sous ma mâchoire, s'abaissant pour presser ses lèvres contre mon gorge.
“C'est toi” murmura-t-il contre ma peau. Il se retira, il avait des fleurs blanches dans son autre main.
“Freesia,” m'informa-t-il alors qu'il les épinglait dans mes boucles. “Complètement superflu du point de vue du parfum, bien sûr.” Il se pencha en arrière et me regarda de nouveau. Il sourit de son sourire à tomber à la renverse. “Tu es absolument magnifique.”
“Tu as volé ma réplique.” J'essayais de parler aussi clairement que possible. “Juste au moment où je commençais à croire que tu es réel, voilà que tu apparais comme ça, et je crains d'être de nouveau en train de rêver.”
Il m'attira rapidement dans ses bras. Me tenant près de son visage, ses yeux brûlant tandis qu'il me rapprochait de lui.
“Attention au rouge à lèvres !” ordonna Alice.
Il rit sauvagement et à la place, il abandonna sa bouche sur le creux juste au dessus de ma clavicule.
“Est-ce que tu es prête à partir ?” demanda-t-il.
“Est-ce que quelqu'un va finir par me dire de quoi il s'agit ?”
Il rit de nouveau, jetant un regard à ses s½urs par dessus son épaule. “Elle n'a pas deviné ?”
“Non.” ricana Alice. Edward rit délicieusement. Je me renfrognai.
“Quelque chose m'échappe ?”
“Ne t'inquiète pas, tu sauras bien assez tôt,” m'assura-t-il.
“Descends-la, Edward qu'on puisse prendre une photo.” Esmé arrivait en bas des escaliers avec un appareil photo argenté dans les mains.
“Des photos ?” murmurai-je, tandis qu'il m'installait délicatement sur mon pied boiteux. Tout cela ne m'inspirait pas confiance. “Est-ce que tu apparaîtras sur la pellicule ?” demandai-je sarcastique.
Il me fit une grimace.
Esmé prit plusieurs photos de nous, jusqu'à ce qu'Edward insiste gentiment pour que nous ne soyons pas en retard.
“On se voit là-bas,” lança Alice pendant qu'il me portait jusqu'à la porte.
“Alice sera là-bas ? Où que ce soit ?” Je me sentais mieux.
“Et Jasper, et Emmett et Rosalie.”
Mon front se plissa alors que je concentrai pour déduire le secret. Il ricana devant mon expression.
“Bella,” m'appela Esmé, “C'est ton père au téléphone.”
“Charlie ?” Edward et moi demandâmes simultanément. Esmé apporta le téléphone, mais il l'attrapa au vol tandis qu'elle essayait de me le donner, me retenant sans effort d'un seul bras.
“Hey !” protestai-je, mais il parlait déjà.
“Charlie ? C'est moi. Qu'est ce qui ne va pas ?” Il semblait inquiet. Mon visage pâlit. Puis son expression prit un air amusé et soudainement malicieuse.
“Donnez-lui le téléphone, Charlie - laissez moi lui parler.” Quoi qu'il se passât, Edward s'amusait beaucoup trop pour que Charlie soit en danger. Je me relaxai en soupirant.
“Bonjour Tyler, c'est Edward Cullen,” Sa voix était amicale, en surface. Je la connaissais assez bien pour capter la douce pointe de menace. Qu'est ce que Tyler faisait chez moi ? L'horrible vérité commença à se dévoiler à moi.
“Je suis désolé s'il y a eu un quelconque problème de communication, mais Bella n'est pas disponible ce soir.” Le ton d'Edward changea, et tandis qu'il continuait, la menace de sa voix fut beaucoup plus évidente tout d'un coup. “Pour être parfaitement honnête, elle sera indisponible tous les soirs, tant qu'il s'agira de quelqu'un d'autre que moi. Sans t'offenser. Et désolé pour ta soirée.”
Il ne semblait pas du tout désolé. Puis il referma le téléphone, un grand sourire de satisfaction sur le visage.
“Tu m'emmènes au bal de promo !" accusai-je furieusement. Mon visage, mon cou virèrent au rose sous l'effet de la colère. Je pouvais sentir les larmes d'énervement me monter aux yeux.
Il ne s'attendait pas à ce type de réaction, cela se voyait. Il pinça les lèvres, et ses yeux se foncèrent.
“Ne sois pas difficile, Bella.”
“Bella, on y va tous.” m'encouragea Alice, faisant irruption derrière moi.
“Pourquoi est-ce que vous me faites ça ?" demandai-je.
“Ça va être chouette.” Alice était toujours optimiste.
Mais Edward se pencha pour murmurer dans mon oreille, de sa voix veloutée et sérieuse. “Tu n'es humaine qu'une seule fois Bella. Fais-moi plaisir.”
Puis il libéra tout le pouvoir de ses ardents yeux dorés, faisant fondre ma résistance de leur chaleur.
“Bien,” rechignai-je, incapable de lui jeter le regard furieux que j'aurais voulu. “J'irai sans résister. Mais tu verras,” le prévins-je d'un air grave, “c'est la malchance que tu craignais tant. Je vais probablement me casser l'autre jambe. Regarde cette chaussure ! C'est un piège mortel !” Je soulevai ma jambe valide pour le prouver.
“Hmmm.” Il fixa ma jambe pendant un moment, plus long que nécessaire, puis il se tourna vers Alice, les yeux brillants, “Une nouvelle fois, merci.”
“Vous allez être en retard chez Charlie.” lui rappela Esmée.
“D'accord, allons-y.” Il me fit tournoyer à travers la porte.
“Est-ce que Charlie est dans le coup ?” demandai-je entre mes dents.
“Bien sûr” sourit-il.
J'étais préoccupée, donc je ne le remarquai pas tout de suite. J'étais vaguement consciente qu'il s'agissait d'une voiture grise, je pensais qu'il s'agissait de la Volvo. Puis il s'arrêta si bas pour me déposer que je crus d'abord qu'il allait m'asseoir par terre.
“Qu'est ce que c'est que ça ?" demandai-je, surprise de découvrir un coupé qui ne m'était pas familier. “Où est la Volvo?”
“La Volvo est ma voiture de tous les jours,” me dit-il prudemment, appréhendant le fait que je puisse faire une autre crise. “C'est la voiture des occasions spéciales.”
“Qu'est-ce que va penser Charlie ?” Je secouai la tête en signe de désapprobation pendant qu'il montait en voiture, et démarrait le moteur. Il ronronna.
“Oh, la plupart des gens de Forks pensent que Carlisle est un collectionneur de voitures avide.” Il accéléra à travers les bois en direction de la voie rapide.
“Et il ne l'est pas?”
“Non, c'est plus mon hobby. Rosalie collectionne les voitures aussi, mais elle préfère s'amuser avec leurs entrailles, plutôt que de les conduire. Elle a beaucoup travaillé sur celle-ci pour moi.”
Je me demandais toujours pourquoi nous repassions par chez Charlie quand il se gara devant la maison. La lumière du porche était allumé, pourtant, il ne faisait pas encore très sombre. Charlie devait nous attendre, peut-être même nous surveillait-il à travers la fenêtre en ce moment même. Je commençais à rougir, me demandant si la première réaction de mon père à la vue de la robe serait la même que la mienne. Edward fit le tour de la voiture, doucement pour lui, pour m'ouvrir la portière - confirmant mes soupçons que Charlie nous regardait.
Puis, alors qu'Edward me soulevait doucement de la voiture, Charlie - pas du tout fidèle à lui même - sorti dans le jardin pour nous saluer. Mes joues brûlaient ; Edward le remarqua et me lança un regard interrogateur. Mais je n'avais pas à m'inquiéter. Charlie ne me vit même pas.
“Est-ce que c'est une Aston Martin ?" demanda-t-il à Edward d'une voix solennelle.
“Oui - la Vanquish.” Les commissures de ses lèvres frémirent mais il se contrôla.
Charlie siffla légèrement.
“Vous voulez l'essayer ?" Edward lui tendit les clés.
Les yeux de Charlie quittèrent finalement la voiture. Il regarda Edward, incrédule - avec une légère pointe d'espoir.
“Non” dit-il, réticent, “Que dirait ton père ?”
“Ca ne dérangera pas du tout Carlisle,” dit Edward honnêtement, en rigolant. “Allez-y”. Il mit les clés dans la main consentante de Charlie.
“Eh bien, juste un petit tour...” Charlie caressait déjà l'aile d'une main.
Edward m'aida à boiter jusqu'à la porte d'entrée, me soulevant dès que fûmes à l'intérieur pour me porter jusque dans la cuisine.
“Ça c'est bien passé,” dis-je. “Il n'a même pas eu le temps de paniquer devant ma robe.”
Edward cligna des yeux. “Je n'avais pas pensé pas à ça,” admit-il. Ses yeux examinèrent ma robe une nouvelle fois, avec un regard critique. “J'imagine que c'est une bonne chose que nous ne soyons pas venus avec ta camionnette, classique ou pas.”
Contre mon gré, je détournai mon regard de son visage assez longtemps pour réaliser que la cuisine était inhabituellement sombre. Il y avait des bougies sur la table, beaucoup, peut-être vingt ou trente grandes bougies blanches. La vieille table était recouverte par une longe nappe blanche, tout comme les deux chaises.
“Est ce que c'est ça que tu as fabriqué toute la journée?”
“Non - cela n'a pris qu'une demi seconde. C'est la nourriture qui a pris toute la journée. Je sais que tu penses que les restaurants de luxe sont intimidants, non pas qu'il y ait beaucoup d'entre eux qui rentrent dans cette catégorie près d'ici, mais j'ai décidé que tu ne te plaindrais pas de ta propre cuisine.”
Il m'assit dans une des chaises blanches, et commença à sortir des choses du frigo et du four. Je notai qu'il n'y avait qu'un seul couvert sur la table.
“Tu ne vas pas nourrir Charlie ? Il sera obligé de revenir à un moment ou à un autre.”
“Charlie ne peux plus rien avaler - qui a joué le rôle du goûteur à ton avis? Je devais m'assurer que tout ça était comestible.” Il plaça une assiette en face de moi, pleine de choses qui avaient l'air très comestibles.
Je soupirai.
“Es-tu toujours énervée ?” Il tira l'autre chaise pour pouvoir s'asseoir à côté de moi.
“Non. En fait oui, mais pas en ce moment. Je me disais juste, eh voilà, la seule chose que je pouvais faire mieux que toi. Ça a l'air délicieux.” Je soupirai de nouveau.
Il gloussa. “Tu n'as pas encore goûté - sois optimiste, peut-être que c'est horrible.”
Je pris un morceau, fis une pause, et fit une grimace.
“Est-ce horrible ?” demanda-t-il choqué.
“Non, c'est fabuleux, naturellement.”
“C'est un soulagement.” Il sourit, tellement beau. “Ne sois pas inquiète, il y a encore beaucoup de choses pour lesquelles tu es meilleure.”
“Nommes-en une.”
Il ne répondit pas tout de suite, il fit simplement courir son doigt froid sur le sommet de ma clavicule, soutenant mon regard, me couvant de ses yeux jusqu'à ce que je sente ma peau brûler et rougir.
“Il y a ça,” murmura-t-il, touchant le rose de mes joues. “Je n'ai jamais vu quelqu'un rougir aussi bien que toi.”
“Merveilleux,” me renfrognai-je. “Les réactions involontaires - voilà quelque chose dont je peux être fière.”
“Tu es aussi la personne la plus courageuse que je connaisse.”
“Courageuse ?” raillai-je.
“Tu passes tout ton temps libre en compagnie de vampires ; ça nécessite du courage. Et tu n'hésites pas à te placer régulièrement à une distance dangereuse de mes dents...”
Je secouai la tête. “Je savais que tu ne trouverais rien.”
Il rit. “Je suis sérieux, tu sais. Mais peu importe. Mange.” Il prit me prit la fourchette des mains, impatient, et commença à me nourrir. La nourriture était parfaite, bien sur.
Charlie revint à la maison quand je m'apprêtais à finir. Je regardai précautionneusement son visage, mais la chance était avec moi, il était toujours trop ébloui par la voiture pour noter la façon dont j'étais habillée. Il rendit les clés à Edward.
“Merci, Edward.” Il sourit rêveusement. “C'est une sacrée voiture.”
“De rien.”
“Comment ça s'est passé ?” Charlie regardait mon assiette vide.
“Parfaitement.” Je soupirai.
“Tu sais Bella, tu devrais le laisser s'entraîner à la cuisine de temps en temps,” glissa-t-il.
Je jetai un regard noir à Edward. “Je suis sûre qu'il le fera, Papa.”
Ce ne fut que lorsque nous nous dirigeâmes vers la porte que Charlie se réveilla complètement. Edward avait son bras autour de ma taille, pour me soutenir, et pour mon équilibre, tandis que je boitillais sur ma chaussure instable.
“Hmm, tu as l'air... très adulte, Bella.” Je pouvais déjà entendre le début d'une désapprobation paternelle s'amorcer.
“Alice m'a habillée. Je n'ai pas vraiment eu mon mot à dire.”
Edward rit si bas que je fus la seule à l'entendre.
“Eh bien, si Alice...” Il s'égara, un peu apaisé. “Tu es vraiment très belle, Bells.” Il fit une pause, un reflet furtif dans l'½il. “Donc, dois-je m'attendre à voir d'autres jeunes hommes en costard se pointer ici ce soir ?”
Je grognai et Edward ricana. Comment quelqu'un pouvait-il être plus inconscient que Tyler, je ne pouvais pas le comprendre. Ce n'était pas comme Edward et moi étions très discrets au lycée. Nous arrivions et repartions ensemble, il me portait à moitié jusqu'en classe, je m'asseyais avec lui et sa famille tous les jours pour le repas, et il n'était pas timide lorsqu'il s'agissait de m'embrasser devant des témoins. Tyler avait clairement besoin de voir un professionnel.
“J'espère que non,” Edward fit une grimace à mon père. “Le réfrigérateur est plein de restes – dites-leur de se servir.”
“Je ne crois pas - tout ça est à moi,” murmura Charlie.
“Relevez les noms pour moi, Charlie,” La trace de menace dans sa voix n'était probablement évidente que pour moi.
“Oh, assez !" ordonnai-je.
Heureusement, nous arrivions enfin à la voiture, et partîmes. LAS VEGAS


Note de Twilight Lexicon : J'ai envoyé un e-mail grincheux à Stephenie voilà quelques temps (NdT : ce texte est de 2006) demandant comment les utilisateurs de MySpace avaient eu droit à plusieurs petits bouts et extras de Twilight, extraits non publiés dans les livres. Étant la très généreuse et équitable auteur que nous connaissons, et sachant bien que je ne cesserais de l'embêter jusqu'à ce qu'elle me donne quelque chose, Stephenie m'a envoyé ce petit outtake pour que tout le monde à Lexicon puisse le lire.
De ce que j'ai pu en comprendre, dans le manuscrit original de Twilight, Bella, Edward et Alice restèrent un moment à Phoenix pendant qu'elle se remettait de ses blessures, puis ils passèrent par Las Vegas sur le chemin du retour. Cette scène se passe dans un casino de Las Vegas. Bella a encore son plâtre.





 Le matin suivant, nous allâmes au casino. La lumière du jour ne pouvait filtrer à l'étage des jeux, ce fut donc très facile. Edward me dit qu'il était souvent attendu d'eux qu'ils aillent perdre un peu d'argent dans l'hôtel – les suites comme la nôtre étaient réservées à cette classe spéciale de visiteurs connu comme étant de gros joueurs.
 Tandis qu'ils marchaient – et que je faisais avancer ma chaise roulante – à travers les hectares du casino élégamment décoré, Alice s'arrêta trois fois devant une machine à sous particulière et glissa une carte dans le scanner. Chaque fois qu'elle faisait cela, une sirène se mettait à hurler, les lumières flashaient, et une simulation sonore de pièces tombant indiquait que ses gains avaient été crédités à sa chambre. Elle essaya de me pousser à le faire une fois, mais je secouais la tête, sceptique.

- Je pensais que tu étais supposée perdre de l'argent, l'accusai-je.

- Oh, je vais le faire, m'assura-t-elle. Mais pas avant de les avoir fait transpirer un peu.
Son sourire était inique.
Nous atteignîmes une section de l'énorme casino plus luxueusement décorée, où il n'y avait ni machine à sous, ni touristes habillés de façon décontractée, avec des gobelets en plastique pleins de pièces.

 Des chaises recouvertes de tissu remplaçaient les tabourets de bar orientables, et les voix étaient basses, sérieuses. Mais nous continuâmes encore plus loin, passant plusieurs portes ornées d'or, vers une autre pièce, sûrement privée, encore plus somptueuse. Finalement je compris pourquoi Alice avait insisté sur le châle vert émeraude de soie entourant la robe qu'elle m'avait passée aujourd'hui, pourquoi elle-même portait un long sarong* en satin blanc – avec un petit haut en dentelle qui ceinturait son estomac blanc et plat – et pourquoi Edward était si incroyablement irrésistible dans un autre costume en soie claire. Les joueurs dans cette salle étaient tous habillés avec une splendeur huppée dont le coût devait dépasser mon imagination. Quelques-uns des impeccables hommes les plus vieux avaient même des jeunes femmes aux robes sans bretelles étincelantes qui se tenaient derrière leurs chaises, comme dans les films. J'eus pitié de ces magnifiques femmes lorsque leurs yeux se posèrent sur Alice et Edward, réalisant leur propre insuffisance à la vue de la première, et mesurant l'insignifiance de leurs partenaires en lorgnant le second. J'étais une énigme, et leurs yeux glissèrent sur moi avec insatisfaction.
Alice s'échappa vers les longues tables de roulette, et je grimaçai en pensant aux dégâts qu'elle allait provoquer.

- Tu sais jouer au Black Jack, bien sûr, me murmura Edward à l'oreille en se penchant.
- Tu plaisantes ?
Je pouvais sentir mon visage pâlir.

- Connaissant ta chance, je ne pourrais pas perdre de meilleur façon qu'en te laissant jouer, gloussa-t-il.
Il me fit rouler jusqu'à une table où trois chaises étaient encore libres. Les deux hommes asiatiques exceptionnellement dignes, et habillés de façon immaculée me jetèrent un coup d'½il incrédule tandis qu'Edward me soulevait doucement pour me reposer sur un des sièges libres, et prenait le siège à côté du mien. La beauté orientale délicate qui se tenait en bout de table regarda avec une incrédulité empreinte d'insulte Edward me caresser les cheveux d'une façon possessive.
- N'utilise qu'une main, souffla-t-il presque en silence dans mon oreille. Et garde tes cartes au-dessus de la table.
Edward dit quelques mots discrets au donneur, et deux impressionnantes piles de jetons bleu foncé apparurent sur la table devant nous. Ils n'avaient pas de chiffres – et je ne voulais pas savoir, de toute façon. Edward poussa une petite pile devant lui, et une plus grande devant moi. Je lui lançai un regard furieux, prise d'une panique embarrassante, mais il sourit simplement d'un air espiègle, pendant que le donneur distribuait rapidement les cartes. Je pris précautionneusement les miennes d'une seule main, les tenant au-dessus de la table, rigides. J'avais deux neuf. Edward tenait ses cartes avec souplesse ; je pouvais voir qu'il avait un cinq et un sept. Je jetai un regard circonspect aux deux gentlemen à côté de moi, absorbée mais terrifiée, regardant avec soin le protocole concernant cette table de Black Jack réservée aux gros joueurs. À mon grand soulagement, cela semblait assez facile. Le premier tapa légèrement le haut de ses cartes du bout des doigts et reçut une carte, le second glissa le bout de ses cartes sous sa mise, les laissant sur la table, et ne regarda pas. Je reposai rapidement mes cartes, les fourrant maladroitement sous mes jetons – les joues en feu – quand le donneur me regarda. Je notai tardivement que le donneur avait une reine. Edward effleura légèrement la table**, et le donneur jeta un neuf sur la table devant lui. Je lui jetai un regard furieux tandis que les hommes à côté de moi murmuraient d'un air appréciateur.

Le donneur avait un valet, et je perdis, tout comme les deux gentlemen asiatiques. Il nous retira doucement nos jetons. J'entendis un brouhaha tamisé en provenance de la table de roulette, mais j'avais trop peur de regarder. Edward poussa une autre pile de mes jetons sur la table, et tout recommença.
Quant je n'eus plus aucun jeton, Edward me donna la moitié des siens, incapable de contenir son sourire amusé. Il s'en sortait bien, gagnant trois fois plus souvent que les autres hommes à la table. Mais vu qu'il s'occupait du montant de mes mises, je perdais mes jetons plus vite qu'il n'empochait les siens. Je n'avais encore gagné aucune manche. C'était humiliant – mais au moins j'étais sûre de ne jamais devenir accro au jeu.
Enfin, je perdis notre dernière pile de jetons. Les gentlemen asiatiques et leur escorte féminine regardèrent Edward avec une curiosité impressionnée tandis qu'il ne pouvait plus contenir son hilarité, gloussant silencieusement, mais avec un profond amusement, tandis qu'il me remettait dans ma chaise roulante. Je piquai un fard et gardai mes yeux sur l'épais tapis alors qu'il me poussait, toujours en riant.
- Je suis la pire joueuse de l'histoire, murmurai-je pour m'excuser.
- En fait, tu ne l'es pas. C'était tellement drôle.
Il rit de nouveau.
- Tu n'as rien fait de mal, si ce n'est jouer de façon un peu conventionnelle. Les chances pour que tu perdes toutes les manches...
Il secoua la tête, tout sourire.
Nous arrivâmes à la table de roulette, juste à temps pour regarder Alice perdre sa spectaculaire pile de jetons, dans un tour de roulette désastreux. Les nombreux joueurs pleins d'espoir qui avaient parié avec elle sur le dix-sept noir avaient l'air assassin.
- Avons-nous assez perdu ? murmurai-je pendant que nous passions les portes dorées.

 - Je pense que la maison est satisfaite. Tu es probablement leur cliente préférée aujourd'hui, ricana-t-il.
- S'il te plaît, promets-moi une chose.
- Tout ce que tu veux.

 - Ne me dis jamais, au grand jamais combien nous avons perdu aujourd'hui, s'il te plaît.
Nous étions de retour dans le casino bruyant à ce moment-là, et son rire fut irrépressible.

*Robe d'Asie du Sud-Est constitué d'une seule pièce de tissu rectangulaire qui se noue d'une façon particulière selon chaque pays
**Les règles du Black Jack diffèrent souvent. En français le joueur demande une carte, ici, tout semble être dans le geste. N'étant pas experte, vous pouvez poser des questions à Virginie ;)

# Posted on Saturday, 16 May 2009 at 3:01 AM

test

test

TEST...
Fαis cα !
Vrαi 99.9%
Prends Un Bout De Pαpier.

1. Écrit le nom d'une personne du sexe opposé .

2. Quelle est tα couleur préférée entre rouge , noir ,bleu ,vert et jaune ?

3. Lα première lettre de ton nom ?

4. Ton mois d'αnniversαire ?

5. Quelle couleur tu préfère entre noir etblαnc ?

6. Le nom d'une personne du même sexe que toi .

7. Ton chiffre favorit ?

8. Aimes tu plus lα Cαlifornie ou lα Floride ?

9. Aimes tu plus le lac ou l'oceαn ?

10. Écrit un voeux [ un voeux réαliste ] .


T'αs finii ?
Si oui , decends en bαs
[ Triche pαs !]

-.- -.-
-.- -.-
-.- -.-
-.- -.-
-.- -.-


Les réponses ;;


1. Tu est completement en αmour αvec cette personne .


2. Si tu α choisie :
Rouge : Tu est sure de toi et tα vie est remplie d'αmour .

Noir : Tu restes dαns ton coin et tu est agressive .

Vert : Ton αme est relαxée et tu est une personne relαxée .

Bleu : Tu es spontαnné(e) et tu α beαucoup d'αffection pour lα personne que tu αimes .

Jαune : Tu es une personne vrαiment joyeuse et αide beαucoup les personne qui en on besoin .


3. Si lα première lettre de ton nom est :
A-K : Tu αs beαucoup d'αmour et d'αmitier dαns tα vie .

L-R : Tu essαye de rendre lα vie joyeuse le plus que tu peux et l'αmour de tα vie vα bientôt fleurir .

S-Z : Tu αimes αider les gens et ton αmour futur α l'αir bien .


4. Si tu es né(e) en :
Jαnvier - Mαrs : L'αnnée vα αller très bien pour toi et tu vαs découvrir que tu es tombée en αmour αvec quelqu'un que tu ne t'en αttendαis même pas .

Avril - Juin : Tu vαs αvoir une forte relαtion αmoureuse qui ne vα pαs durer longtemps mαis que tu vαs te souvenir longtemps .

Juillet - Septembre : Tu vαs αvoir une bonne αnnée et une expérience vα chαnger tα vie (du bon sens) .

Octobre - Decembre : L'αmour de tα vie ne serαs pαs si belle que çα , mαis bien sur , tu vαs trouver lα personne pαrfαite .


5. Si tu αs choisi...
Noir : Tα vie vα prendre une direction différente , çα vα te sembler dur des fois mαis cα vα être lα meilleure chose pour toi , et tu serαs contente du chαngement .

Blαnc : Tu vαs αvoir un αmi(e) très chers qui vαs fαire tout pour toi , mαis tu ne t'en rendrαs pαs compte .


6. Cette personne est tα meilleure αmi(e) .


7. C'est le nombre d'αmie proche de toi que tu αs dαns lα vie .


8. Si tu α choisi...
Cαlifornie : Tu αimes l'αventure .

Floride : Tu es une personne relaxée .


9. Si tu α choisi...
Lαc : Tu es très loyαl αvec tes αmies et ton amour et tu es très réservé .

Océαn : Tu es spontané et tu αimes αider les gens .


10. Ce voeux vα devenir réαlité seulement si tu mets ce test sur ton blog en 1 heure et il vα se réαliser αvαnt tα prochαine fête !

# Posted on Sunday, 12 April 2009 at 12:49 PM

Zoé é Ines

Zoé é Ines
jvdddddddd

# Posted on Saturday, 07 February 2009 at 8:36 AM

Vaninaaaaa

Vaninaaaaa
vou en pencé koi ?

# Posted on Saturday, 07 February 2009 at 8:07 AM